Acériculture : un printemps record ?

Eric Gourde 
redaction@beaucemedia.ca

Acériculture : un printemps record ?
Le printemps 2022 a été profitable pour les producteurs en général. (Photo : (Photo gracieuseté - PPAQ))

ÉRABLE.  Le printemps 2022 pourrait être celui qui permettra à l’industrie acéricole québécoise de regarnir sa réserve, amputée passablement à la suite d’un printemps modeste en 2021, le tout jumelé à une hausse des commandes hors-Québec.

Pour le président du syndicat des acériculteurs de la Côte-du-Sud, Luc Goulet, la récolte 2022 sera bonne et encourageante pour les producteurs. « Ce n’est pas une récolte exceptionnelle comme on a vu dans des régions comme Centre-du-Québec ou en Estrie, où il y a eu une saison record, mais des producteurs ont eu un printemps au-delà des espérances, supérieur à 2016-2017 même dans certains cas. »

Des érablières au climat plus froid n’ont toutefois pas offert les rendements observés, car le printemps a été plus tardif, plus froid et moins avantageux pour d’autres. Autrement dit, certains sont très satisfaits, d’autres satisfaits, sans plus. « Lorsqu’on observait certaines régions voisines, on espérait profiter nous aussi de la tendance, mais c’est quand même intéressant, malgré cela. »

Luc Goulet a observé que la saison acéricole aura été productive, mais surtout continue. « Quand les coulées ont commencé, il y avait chaque jour un bon volume de sirop. L’an dernier, la saison avait été plus courte, mais les volumes d’eau étaient davantage importants. La gestion des volumes d’eau a été plus simple cette année. »

Il ajoute que non seulement la quantité était au rendez-vous, mais aussi la qualité. « Le commentaire des producteurs est que le sirop avait bon goût dès le début. Pour les transformateurs, c’est une récolte parfaite pour se rebâtir un inventaire et même si on en pasteurise, on va regarnir avec un volume de qualité. »

Le sondage réalisé auprès des acériculteurs devrait ainsi afficher des résultats concluants, lorsqu’il sera dévoilé d’ici la fin du mois. « Provincialement, on devrait afficher une récolte record, selon nos sondages internes. Il y a un volume de sirop qui va surpasser les plus grosses années, non seulement en raison de l’ajout des quotas cette année, mais la productivité est d’à un quart de livre à une demi-livre à l’entaille de plus que 2020, à titre d’exemple. »

Ce résultat devrait donc diminuer la pression au niveau de l’approvisionnement et atténuer les craintes qui existaient avant la saison chez les transformateurs. « Le mois de mars a créé une certaine incertitude. La réserve a été abaissée à un niveau qui n’avait jamais été vu depuis 7 ou 8 ans. C’est maintenant sécurisant pour la suite des choses. Au 28 février, nous avions environ 37 millions de livres en réserve, mais encore des commandes de transformateurs en cours, alors la réserve pouvait approcher les 20 millions de livres seulement. »

L’économie chancelante

La situation économique actuelle est ce qui donne des maux de tête aux producteurs, illustre M. Goulet. « Les incertitudes font que les transformateurs ont trois mois d’avance sur leurs commandes et la planification à long terme au niveau de l’économie est difficile à prévoir. Sans être alarmiste, on se doit de constater qu’il y a de la pression partout. Est-ce que le consommateur va continuer de prioriser le sirop d’érable pour remplacer le sucre blanc, on verra. »

Il remarque tout de même que le secteur vient de vivre deux années de croissance exceptionnelle. Cette année, c’est le marché américain qui avait déjoué les prévisions. « Était-ce une situation ponctuelle, on verra, car la récolte a été bonne partout cette année, autant chez nos voisins américains que dans les Maritimes. Le marché de l’exportation était aussi florissant. »

Luc Goulet est aussi bien au fait que les fournisseurs d’équipements ont fait des affaires d’or au cours de la dernière année. « Il est vrai que de nouvelles entailles ont été émises, ce qui a mis de la pression sur les équipementiers, mais il y a une demande pour de l’équipement et les fournisseurs vivent les mêmes problématiques d’approvisionnement de composantes et autres. Les coûts ont augmenté partout autour de nous pour ces raisons et le manque de main-d’œuvre. »

Comme la convention de mise en marché vient à échéance cette année, Luc Goulet s’attend à ce que la négociation à venir change certains aspects de l’industrie. « On devra avoir une bonne séquence de conversations avec les transformateurs, pour améliorer le prix aux producteurs, mais tout en voulant sécuriser un coût de production. On devra aussi avoir à l’esprit une prévisibilité sur tous les aspects, les fournisseurs, nos clients transformateurs et le consommateur. »

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