Rien de beau à l’est

Par lynda_cloutier
Rien de beau à l’est
Bacs de récupération

Comme plusieurs résidents, Liliane et Léopold possédaient une maison dont les quatre côtés étaient pourvus de fenêtres. Sauf que l’abominable vue se situait du côté est.

Quand le couple se postait du côté nord sur leur galerie arrière, la vue se voulait plutôt apaisante. Une allée gazonnée  et de majestueux érables s’offraient à leur vue.

Au sud, il y avait la rue, mais sa vision était estompée par des champs verdoyants, brunâtres ou blancs dépendamment, bien sûr, des saisons. À l’ouest, la seule fenêtre du rez-de-chaussée donnait sur un  érable si près de la maison qu’on aurait cru qu’il s’invitait au salon. Ce que Liliane et Léopold apercevaient se voulait plutôt agréable.

Du côté est, cependant, c’était somme doute assez déprimant surtout que la fenêtre de la cuisine s’y trouvait. Et comme cette pièce de la maison est  drôlement fréquentée  et que l’évier se situe juste au-dessus de cette percée visuelle, Liliane et Léopold en avaient pour leur argent, pourrait-on dire.

En angle direct, on pouvait admirer (!) cinq bacs d’ordures et de récupération et si on portait son regard un peu  à droite, il s’en dressait cinq autres  dont les couleurs alternaient entre le bleu et le noir. Comme si cela ne suffisait pas, des équipements d’hiver étaient toujours adossés à des murs de maisons. Malgré leur poids somme toute léger, des jouets d’enfant  en plastique demeuraient toujours sur le flanc. Liliane et Léopold auraient pu allonger la liste puisque la pollution visuelle ne s’arrêtait pas nécessairement à cela.

Quand le couple se retrouvait devant la fenêtre de cuisine, ils avaient le temps de réfléchir devant ce triste spectacle. Y’aurait-il, un jour un règlement municipal qui dicterait aux citoyens d’effacer de la vue ces horribles témoins qui, en soi, doivent contribuer à l’amélioration de l’environnement? Certes, l’objectif de récupération est louable, même nécessaire, mais ces poubelles représentent un désastre. Et rien ne s’améliorerait lorsqu’un bac brun s’ajouterait aux autres. On vivrait dans une forêt de grosses poubelles.

Lilane et Léopold n’étaient pas sûrs qu’un jour leur municipalité adopterait un règlement d’embellissement en ce sens. Installer une allée d’arbustes ou construire un petit muret permettant de soustraire de la vue ces gros contenants n’était quand même pas une chose irréalisable.

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