Avec les embâcles de janvier, qu’est-ce qui nous attend ce printemps?

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Par mizael_bilodeau
Avec les embâcles de janvier, qu’est-ce qui nous attend ce printemps?
L’eau de la rivière Morency a submergé la route 173, le lundi 15 janvier.

SÉCURITÉ. Le maire de Vallée-Jonction Réal Bisson n’a pas souvenir d’avoir déjà assisté à une inondation en plein milieu de l’hiver.

La municipalité de Vallée-Jonction a été légèrement touchée par les deux jours de redoux du 11 et 12 janvier. Du côté ouest de la Chaudière, les rivières Nadeau et Lessard ont débordé dans les champs et sur les terrains de certains chalets.

«Les rivières sont bloquées, alors qu’est-ce qui va se passer ce printemps?», se questionne le maire de Vallée-Jonction, Réal Bisson.

C’est toutefois la rivière Morency qui inquiète le plus M. le maire. Le cours d’eau a submergé la route 173 sur plusieurs dizaines de mètres, le lundi 15 janvier. Quelques voitures ont dû être dégagées de l’eau, qui à son plus profond atteignait un pied (30 cm). Les autorités ont fermé l’accès à la route du Président-Kennedy dans les deux directions.  Cette montée des eaux a inondé un seul résident; son sous-sol était rempli d’eau.

Une pelle mécanique est rapidement parvenue à faire baisser la hauteur de l’eau en début de semaine, mais la rivière Morency reste toujours très encombrée par les glaces. Cette situation ne rassure guère les autorités.

État de la situation

«La glace est encore là. Nous essayons d’évaluer nos options avec la sécurité civile. Il vient un temps où on ne sait plus trop quoi faire, a-t-il affirmé en entrevue, le vendredi 19 janvier. Il y a du frasil, mais c’est aussi l’accès qui est difficile. On ne peut pas aller sur la rivière avec une pelle mécanique.»

Faire venir une pelle-grenouille comme sur la rivière Saint-Charles, à Québec, n’est pas non plus une option envisageable. Cette machine pourrait être utilisée sur la rivière Chaudière, mais elle est beaucoup trop imposante pour des rivières étroites comme la Morency.

«Il n’y a plus grand-chose que l’on peut faire pour l’instant. Le ministère fait aussi le point avec les travaux à Québec, parce que ça ne donne pas les résultats escomptés», ajoute M. Bisson.

Prévenir d’ici au printemps

Le ministère de la Sécurité civile analyse présentement la situation des rivières. Presque tous les secteurs sont revenus à la normale en Beauce.

Dimanche 21 janvier, une voie est toujours fermée sur la route 276, à la hauteur de la rivière des Fermes à Saint-Joseph-des-Érables. Une pelle mécanique a dégagé l’embâcle de la rivière Calway, qui était elle aussi sortie de son lit, le samedi 13 janvier.

«On pense beaucoup plus en terme préventif pour les gros redoux ou d’importantes précipitations ce printemps», dit Réal Bisson.

La sédimentation accentue le problème
Vallée-Jonction est bien connu pour ses imposants pics de gravier. Chaque année, un peu plus de ce sable se dépose à l’embouchure des affluents, comme en face de la rivière Nadeau ou Morency. La municipalité a toujours essuyé des refus de la part du ministère de l’Environnement. Il ne leur est pas permis de draguer une partie de ce gravier, qui ralentit l’écoulement des eaux et élève le lit de la rivière.«C’est la même problématique pour Saint-Joseph ou Beauceville. Nous sommes convaincus qu’il faudrait que ça se fasse», termine Réal Bisson.
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