Une véritable ré«veau»lution»

Une véritable ré«veau»lution»
Les six associés des Élevages Réveaulution. (Photo : gracieuseté)

AGRICULTURE. > L’élevage des génisses pour la production laitière fera l’objet d’une première au Québec avec l’inauguration des installations des Élevages Réveaulution à Saints-Anges.

Les élevages Réveaulution, c’est un concept qui a germé dans la tête de six producteurs laitiers de la région il y a maintenant près de trois ans. Patrick Allen, Christian Bilodeau, Mathieu Bisson, Jean-François Giguère, Jocelyn Giguère et Sylvain Giguère se sont donc associés pour créer le premier «CPE» voué à l’élevage des génisses.

«Pour qu’un troupeau reste performant, il faut y amener du sang neuf, des génisses prêtes à produire fortement dès la première année. Or, les éleveurs se font serrer de tous les côtés, ce qui fait qu’ils n’ont pas toujours le temps de veiller à un développement contrôlé», indique Mathieu Bisson.

Les associés ont donc mis en place un principe déjà bien connu dans le domaine de la production porcine, soit une pouponnière pouvant recevoir les jeunes génisses, des premiers jours jusqu’à sa gestation.

Grâce à un investissement de l’ordre de 2,5 millions $, Les élevages Réveaulution ont construit un premier bâtiment de 10 500 pieds carrés pour les génisses jusqu’au sevrage, puis un second de 32 000 pieds carrés pour les rendre jusqu’à la gestation. Pour ce faire, ils ont reçu l’aide du Fondaction de la CSN, de la Financière agricole du Québec et de Financement agricole du Canada, qui croient tous à la rentabilité et à la nécessité d’un tel projet.

Détails des bâtiments

Avant d’établir les plans définitifs des bâtiments, les propriétaires se sont associés avec des spécialistes, dont un vétérinaire, pour créer un environnement qui soit idéal pour les génisses.

Une salle prête à recevoir ses premiers veaux.

La pouponnière est composée de petites salles pouvant recevoir chacune une dizaine de bêtes. Tout y est entièrement contrôlé : l’alimentation, la biosécurité, l’aération, etc. «L’une des premières préoccupations pour nous est le bien-être de l’animal», précise Sylvain Giguère.

Par exemple, le système d’aération des salles est complètement indépendant du système principal, ce qui évite les contaminations croisées. Il permet également un meilleur contrôle sur la température et l’humidité de la pièce.

De plus, on applique le principe du «tout plein, tout vide», c’est-à-dire qu’une fois qu’une cohorte quitte une salle, elle est complètement lavée et désinfectée.

«Les recherches démontrent qu’une génisse qui a été bien encadrée, qui a reçu une alimentation adéquate, qui n’a pas subi de maladie, produira plusieurs centaines de kilos de lait de plus dès la première année, ce qui vient amortir le coût de nous les avoir confiées», ajoute Mathieu.

Une vue du bâtiment qui recevra les génisses sevrées.

Une fois sevrée, les génisses se retrouvent dans un bâtiment qui reproduit les étables dans lesquels elles seront transférées une fois leur passage terminé aux Élevages Réveaulution. «Ainsi, le choc sera minime».

Forfaits

Comme les installations de l’entreprise ne sont pas une «garderie, mais plutôt un CPE», image Mathieu, le coût pour les producteurs qui confie leurs génisses ne se compte pas en heures. «Nous offrons un forfait à prix fixe qui comprend tout : l’hébergement, l’alimentation, les vaccins, etc. Il n’y que le coût de l’insémination qui s’ajoute à la facture du client, car les prix sont trop variables dans ce domaine», explique Mathieu.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des