Clément Létourneau perdure le souvenir de l’Acadie à Saint-Théophile

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Par Frederic Desjardins
Clément Létourneau perdure le souvenir de l’Acadie à Saint-Théophile
Les Acadiens Théophane Vigneau et Hélène Chiasson étaient les grands-parents de Clément Létourneau.

PATRIMOINE. L’actuel maire de Saint-Théophile, Clément Létourneau, n’a jamais oublié ses racines acadiennes. Chaque année en août, devant sa maison, il installe son drapeau de l’Acadie.

«Mon grand-père Théophane Vigneau et ma grand-mère Hélène Chiasson étaient des Acadiens nés aux Îles-de-la-Madeleine. Ils sont venus s’installer à Saint-Théophile à la fondation de la paroisse en 1886», mentionne celui-ci.

Les Acadiens arrivaient de Havre-Aubert (Îles-de-la-Madeleine) et de Natashquan (Côte-Nord) pour défricher cette terre.

Yvonne Vigneau, mère de Clément Létourneau, est née en 1912 à Jackman, au Maine. De descendance acadienne directe, elle a épousé Alfred Létourneau, Beauceron de Saint-Côme-Linière. Celle-ci donna naissance à dix enfants à Saint-Théophile, dont Clément en 1949.

«Nous aimions beaucoup la musique et la culture acadienne. J’ai des oncles et tantes qui sont partis vers l’Abitibi et qu’on allait voir à l’occasion. Les Acadiens ont le don de se rassembler et de fêter», estime le maire.

Voyages historiques

Amateur d’histoire, Clément Létourneau est allé visiter une partie des terres de ses ancêtres. Comme l’Acadie n’a aucune frontière, il s’est retrouvé entre autres au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard.

«J’ai pu voir l’église de Grand-Pré où s’est produite la déportation (1755), en plus de monter jusqu’au Cap-Breton. Les gens sont fiers de leur culture française. Je suis allé jusqu’à Natashquan pour voir la maison de Gilles Vigneault (le chanteur) qui descend aussi des Acadiens», explique-t-il.

La mère de Gilles Vigneault, Marie Landry, a d’ailleurs vécu quelques années sur le rang 6 à Saint-Théophile. Clément Létourneau n’est pas surpris qu’aujourd’hui, peu de gens se souviennent du passage des Acadiens dans cette paroisse.

«En 1840, les Irlandais habitaient le territoire. Ils se sont expatriés dans les Cantons-de-l’Est et aux États-Unis après l’arrivée des Acadiens. En grande partie, eux aussi sont partis vers d’autres terres. Nos enfants ne connaissent pas leur descendance acadienne», se désole-t-il.

Sur une base permanente, y aura-t-il un jour quelque chose qui soulignera le passage des Acadiens à Saint-Théophile ? «C’est une bonne idée que j’amènerai au conseil municipal. Il faut remettre à l’avant-plan une histoire oubliée», croit le maire.

Écrit par quatre auteurs, le livre Saint-Théophile : une paroisse de souche Acadienne (1886-1986) donne plusieurs informations sur l’établissement des Acadiens dans la paroisse. Il est disponible sur emprunt aux bibliothèques de Saint-Théophile et Saint-Georges.

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