Je suis vieux jeu

Je suis vieux jeu

Crédit photo : libre de droits

COMMENTAIRE. Cet été, j’ai vu trois jeunes gens (16-17 ans), une fille et deux garçons, se rendre aux deux dernières balançoires vacantes d’un parc afin de s’asseoir et discuter. Or, ce sont les deux malpropres (Je ne les connais pas, mais la fille était la gardienne de mes enfants. J’ai donc le droit de les juger.) qui ont pris place dans l’infrastructure. Hey! La galanterie les « boys »?

Ouch. C’est tout un choc de me rendre compte que je suis à ce point démodé. Dans mon esprit archaïque, laisser le siège à la dame a toujours été la base. Oui, trop, c’est comme pas assez, mais nul besoin d’avoir l’intention de charmer pour être charmant, non? Avoir un minimum de bonnes manières, ça ne coûte rien les jeunes!

Je sais, je m’en fais pour rien, car il y a toujours la possibilité que ce soit elle qui préférait faire halte sur une planche à roulettes plutôt que sur la balançoire, ou que les deux jeunes hommes avaient un terrible mal de jambe exactement au même moment (ÇA c’est malchanceux!).

Il n’est aussi pas totalement impossible que l’amabilité ne soit déjà chose du passé QUE dans le cas de ces deux vils gredins (Je vous ai à l’œil!), ou bien que le gentleman en eux n’est pas encore né. Dans ce cas, je ne leur dis pas qu’il faut sans cesse multiplier les petites attentions. D’ailleurs, je suis loin d’être Monsieur Délicatesse en personne. Mais, prêter sa veste lorsqu’il fait froid, ouvrir la porte de la voiture et lâcher son maudit téléphone(!) en bonne compagnie est élémentaire. Sinon, enlever votre casquette au restaurant, est-ce trop vous demander?

Vive la déférence!

Imaginons une situation dans laquelle vous entrez dans une grande salle de réception. Là, vous marchez sur le tapis rouge pendant que 500 personnes vous applaudissent et qu’un gentil journaliste de votre hebdo local vous prend en photo pour sa prochaine édition dont vous serez la vedette.

On vous donne ensuite des fleurs, un trophée et un sac rempli de cadeau, avant que votre groupe préféré vienne chanter une chanson en votre honneur et que l’on décide de donner votre nom à l’édifice dans lequel vous vous trouvez.

Oui, comme du parmesan sur du « spagate », j’en mets un peu trop. Mais, recevoir autant d’amour et d’attention vous ferait plaisir, hein? Si je pars du fait que bon nombre de personnes mériteraient des félicitations supplémentaires de temps à autre, je pense que conserver un peu de décorum dans des situations ordinaires fait toujours plaisir. Regarder dans les yeux après un « cheers », tenir la porte d’une bâtisse, raccompagner… ou juste dire « Madame » ou « Monsieur ». Est-ce que ça vous ferait très mal, les impubères?

Ah puis, j’abandonne. Je suis dépassé. J’ai grandi en apprenant que faire preuve de politesse envers les gens en général et la gent féminine en particulier était important. Il ne me reste plus qu’à vieillir, à asseoir mon derrière moyenâgeux sous mon porche et à grogner en surveillant les vautours qui tourneront autour de la gardienne; prêt à prévenir ses parents au prochain faux pas!

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