Martin Godin a tué par fanatisme religieux

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Par Hubert Lapointe
Martin Godin a tué par fanatisme religieux
Les crimes s'étaient produits d'abord vers 8 h 45 dans une résidence de la rue Côte Des Bouleaux à Sainte-Croix dans Lotbinière

C’est l’interprétation qu’il faisait des préceptes de la Bible qui ont poussé Martin Godin à assassiner ses deux filles, son ex-femme et le nouveau conjoint de celle-ci en février 2014. C’est ce qui ressort du rapport du coroner Luc Malouin, rendu public aujourd’hui.

Rappelons que le drame était survenu le samedi 1er février 2014. Vers 8 h 45, Martin Godin s’était rendu à Sainte-Croix dans Lotbinière. Avec une carabine de calibre 16, il a atteint mortellement Nancy Samson, 44 ans, et blessé Benoît D’Aigle, 39 ans. Il a ensuite frappé ce dernier au visage avec la crosse de son fusil.

Puis, vers minuit et demie au domicile familial dans le rang de la Grande-Ligne à Saint-Isidore, c’est avec une carabine de calibre 22 qu’il a tué sa fille Médora, 13 ans, et blessé grièvement sa fille Béatrice, 11 ans. Béatrice est finalement décédée à l’hôpital le 4 février.

Quant à Martin Godin, il avait tenté de s’enlever la vie le même soir. Il a finalement rendu l’âme le dimanche 23 février. « Ce soir, on s’en va au ciel. Je veux que nos funérailles se fassent à L’eau-Vive », avait-il lancé à un ami quelques instants avant les événements. L’ami en question avait évidemment contacté les policiers après cet appel, mais ceux-ci n’ont intervenu que six heures plus tard.

Terrible adultère

 

Il faut savoir que selon l’entourage du tueur, il ne pouvait pas supporter de voir sa femme dans les bras d’un autre homme. « Ce que Dieu a uni, seul Dieu peut y mettre fin », avait-il dit à certains par le passé. Le soir des meurtres, son ex-conjointe avait d’ailleurs annulé leur rendez-vous dans lequel ils devaient discuter de leur rupture.

Dans la vie, Martin Godin avait également une attitude rigide et contrôlante, où tout était centré sur la Bible et ses règles. À ce propos, le rapport confirme que M. Godin et sa famille étaient membre de l’Église évangélique Baptiste. « Il semble bien qu’il ne prît que ce qui faisait son affaire dans les commandements de la Bible, car dans son délire meurtrier, il a oublié le sixième commandement: "tu ne tueras point" », commente Luc Malouin.

À Saint-Isidore, avait aussi été retrouvée une lettre dans laquelle M. Godin explique son geste. La voici: « À choisir entre un calvaire sur la terre jusqu’à la fin de nos jours dans le péché, tiraillés et blessés à vie. Nous sommes partis rejoindre Notre Seigneur Jésus, dans sa paix et son Amour. Nous avons atteint le but de connaître Dieu et d’être sauvé par Jésus-Christ pour l’Éternité. Pardonne-moi, j’ai choisi le meilleur chemin et c’est le meilleur choix. L’adultère a été puni et j’en porterai le blâme. Dieu me jugera selon sa volonté. »

Curieusement, en post-scriptum, il affirme avoir donné des médicaments à ses filles afin de leur éviter de souffrir. Par contre, le rapport du coroner informe que les analyses toxicologiques n’ont détecté aucune substance dans l’une ou l’autre des victimes.

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