Le CISSS implante la téléconsultation de nuit

Eric Gourde 
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Le CISSS implante la téléconsultation de nuit
La présidente du CISSS Chaudière-Appalaches, Brigitte Busque, et le directeur général par intérim, Patrick Simard, ont dirigé la dernière séance publique de l'organisation. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

SANTÉ. Loin d’avoir combler ses besoins en matière de main d’œuvre, le CISSS Chaudière-Appalaches lance un projet-pilote de téléconsultation infirmière de nuit dans certains CHSLD de la région. Le principe est simple, soit l’utilisation de tablettes électroniques pour communiquer avec des infirmières au besoin. En cas d’absence d’une infirmière sur un quart de travail, ce sont les infirmières-auxiliaires qui assureront les soins et établiront le lien, si besoin il y a.

Ainsi, les CHSLD de Black Lake et Sainte-Perpétue seront ceux qui utiliseront cette nouvelle façon de faire. « Les deux sont aux extrémités du territoire, ce sont des petits milieux et où les défis de main d’œuvre sont les plus nombreux. En moyenne, ce sont 27 quarts de nuit par mois qui sont en découverture à ces endroits », fait valoir Nellie Roy, directrice adjointe des ressources humaines au CISSS Chaudière-Appalaches.

L’idée émerge à la suite du projet de garde infirmière mobile, utilisé au cours des derniers mois pour combler les besoins les plus criants, une initiative toutefois décriée par le Syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches (SPSCA-FIQ), notamment à Saint-Isidore, Sainte-Hénédine, Saint-Anselme, Saint-Gervais, Sainte-Perpétue et Saint-Prosper. Le bureau du Protecteur du citoyen s’était également penché sur la démarche, puis avait formulé six recommandations, toutes acceptées par le CISSS et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Contrairement aux régions plus urbaines qui ont des CHSLD de 150 ou 200 résidents et même plus, Chaudière-Appalaches est une région de plusieurs petits CHSLD, répartis un peu partout sur le territoire, ajoute Mme Roy. « On doit minimalement se constituer une petite équipe de soin, souvent avec une infirmière par quart de travail. Au moment où une infirmière s’absente, il n’y a pas d’autres alternatives et nous sommes en découverture. Les alternatives sont généralement le temps supplémentaire, le temps supplémentaire obligatoire ou la liste de rappel qui est vide à l’heure actuelle. »

Elle estime que le CISSS se doit de réfléchir différemment pour pouvoir garder cette proximité. « La technologie a été rehaussée un peu partout pendant la pandémie et dans différents domaines. La télémédecine existe déjà et l’opportunité de bonifier la garde infirmière mobile nous apparait une solution. »

Stéphanie Simoneau, directrice de l’hébergement du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CISSS indique que le ministère de la Santé a approuvé la démarche et pourrait même s’en inspirer. « Le mandat qui nous a été confié par le ministère est d’évaluer les modalités et l’angle de la qualité et de la sécurité des soins. »

Une clientèle en CHSLD peut être lourde par moment, avec des troubles de comportement parfois et où la santé peut se détériorer rapidement. L’intensité des soins n’est toutefois pas celle d’un centre hospitalier, ajoute Mme Simoneau. « Comme il y a une moyenne de 9 résidents sur 100 qui génèrent des interventions en CHSLD, Le fait que nos centres aient souvent moins de 30 résidents diminue d’autant le risque. »

Des critères d’exclusion à l’utilisation de la télémédecine seront toutefois établis, ajoute Mme Simoneau. « Il arrive que les gens aient besoin de davantage de soins, lors d’éclosions ou autres problèmes de santé, naturellement les résidents auront besoin de davantage de soutien dans certaines conditions. »

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