Recensement officiel des dindons sauvages

CHASSE. Dans Chaudière-Appalaches et au sud du Québec, les dindons sauvages augmentent en nombre depuis quelques années, mais où et combien sont-ils exactement ? Eric Phendler, étudiant au doctorat à l’Université Bishop’s et à l’Université de Sherbrooke, s’intéresse à cette question via une étude participative.

Amorcée en mai dernier, l’étude combine trois volets complémentaires. Premièrement, il y a l’analyse des données gouvernementales de télémétrie existantes, déterminant les caractéristiques de l’habitat associées au succès de nidification.

La seconde étape, en cours jusqu’au 30 septembre, comprend la conception et la mise en œuvre du premier inventaire provincial normalisé des couvées de dindons sauvages. Dans l’optique d’une science citoyenne, les gens remplissent un sondage en ligne s’ils ont observé un ou des dindons sauvages.

Enfin, le projet mènera à réaliser de nouveaux suivis de terrain auprès de femelles marquées, afin de documenter la chronologie de la nidification, le calendrier de reproduction et son chevauchement avec les activités de chasse.

« Ce genre d’inventaire existe aux États-Unis depuis plus de 50 ans. Au Nouveau-Brunswick, ça fait seulement deux ans. L’Ontario entame sa première année. Ça nous prend cet outil au Québec », affirme M. Phendler.

Grand retour

Dans le sondage, les internautes indiquent la date et le secteur de l’observation, ainsi que le sexe du dindon sauvage. Les caractéristiques physiques des mâles, femelles et dindonneaux sont indiquées à l’aide de dessins et descriptions.

Fait méconnu, le dindon sauvage était très présent sur le territoire canadien jusqu’à la fin du 19e siècle. Disparu en raison de la chasse excessive et des pertes d’habitats, l’animal a repris ses droits notamment à cause d’hivers plus doux et aux programmes de réintroduction.

« Au départ, on voyait les dindons à un maximum de 20 km des postes douaniers. Maintenant, ça va plus loin dans les forêts et même en ville. C’est pour ça qu’on a besoin d’un réel plan de gestion », croit Eric Phendler, qui compte sur plusieurs partenaires dans son projet, dont le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FQCP).

En Chaudière-Appalaches, la chasse au dindon sauvage est légale au printemps et à l’automne, dans les zones 3, 4 et 7.  Le fusil, l’arme à chargement par la bouche ou la culasse, l’arbalète et l’arc sont permis pour cette chasse, praticable seulement 30 minutes avant le lever du soleil jusqu’à midi. 

Le sondage d’observation est remplissable sur le site fedecp.com/dindon.