Saint-Joseph-de-Beauce tient la Société du patrimoine des Beaucerons à bout de bras

Saint-Joseph-de-Beauce tient la Société du patrimoine des Beaucerons à bout de bras

Jean-Guy Breton, président sortant de la Société du patrimoine des Beaucerons, lors de la première rencontre des membres depuis la fermeture du centre d’archives cet automne.

Crédit photo : Photo Beauce Media – Mizaël Bilodeau

HISTOIRE. Le 17 avril en soirée s’est tenu la première Assemblée générale depuis la fermeture des locaux de la Société du patrimoine des Beaucerons (SPB).

Une trentaine de personnes s’étaient donné rendez-vous dans les locaux de l’organisme, au quatrième étage de la Maison de la culture de Saint-Joseph-de-Beauce. Plusieurs avaient été mobilisés à la suite de l’importante couverture médiatique des dernières semaines.

État de la situation

Des éclaircissements sont ressortis du rapport de l’année 2017 de Jean-Guy Breton, président sortant de la SPB. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) n’a pas renouvelé le financement à la Société, car les documents requis n’ont pas été fournis à temps. Il appert qu’il s’agit d’un simple oubli.

Néanmoins, même si le Centre d’archive avait reçu l’argent du BAnQ, pour la période 2018-2020, il n’aurait pas été au bout de ses peines, car le montant n’est pas suffisant pour éponger le déficit cumulé. La SPB aura la possibilité de refaire une demande au BAnQ en 2020.

Fusion

Des rencontres se sont tenues avec le musée Marius-Barbeau afin d’explorer la possibilité de fusionner les deux entités. «Ça n’a pas abouti. Le musée hésitait à absorber un organisme pratiquement en faillite», explique Jean-Guy Breton.

Dans le rouge de 45 000$

La SPB a terminé son année financière avec un déficit cumulé de 21 826$ et un déficit créé en 2017 de 22 756$. Ils n’ont pas été en mesure de s’acquitter du loyer à la Ville de Saint-Joseph-de-Beauce, propriétaire de l’édifice. Cette dernière a pris possession des lieux le 1er janvier 2018 en raison d’un retard considérable sur les paiements.

«Il devenait de plus en plus difficile de rencontrer les obligations financières, principalement le salaire et le loyer. C’est une situation qui remonte à des années en arrière», affirme Jean-Guy Breton.

Sept des huit membres du conseil d’administration sortant n’ont pas renouvelé leur mandat pour 2018. Le seul à ne pas avoir démissionné est Claude Dulac.

Formation d’un comité de relance

Après maintes hésitations, une poignée de personnes ont finalement donné leurs noms pour constituer un groupe qui aura la tâche de trouver d’autres sources de revenus à la SPB. Ces personnes seront chapeautées par André Lambert, directeur des loisirs de Saint-Joseph-de-Beauce. L’objectif du comité sera aussi de trouver un nouvel archiviste afin d’offrir au moins 25 heures d’ouverture en 2019, une condition au renouvellement de l’accréditation du BAnQ en 2020.

«Il ne faut pas se décourager. Les Beaucerons, c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont retroussé leurs manches et ont trouvé des solutions», s’est exclamé Pierre Gilbert, maire de Saint-Joseph-de-Beauce.

Les chiffres

La MRC de La Nouvelle-Beauce donne 5000$ tous les ans à la SPB, la MRC Robert-Cliche 4442$. La Fondation Robert-Cliche avait l’habitude de dégager 15 000$ pour la SPB, mais depuis les dernières années, les bas taux d’intérêt ont fait baisser le montant à 3000$ en 2017. Pierre Gilbert a l’intention de faire de la représentation auprès des maires pour solliciter de l’aide et trouver une nouvelle forme de financement, par exemple, par nombre de résidents.

Depuis environ cinq ans, la MRC Beauce-Sartigan a cessé de contribuer au financement de la SPB. De plus, plusieurs documents historiques des municipalités de Bellechasse sont conservés à Saint-Joseph-de-Beauce. Il a été mentionné de se tourner vers eux également.

La SPB a été fondée en 1976. Elle possédait  son accréditation de Centre d’archives régional depuis 1994, avant de la perdre en 2017.

Fermeture définitive?

«Il n’est pas question de fermer les livres. On va la supporter, mais pas tout seul, ni à long terme. Pour l’instant, les donateurs des fonds n’ont pas à s’inquiéter. Ils seront conservés à la SPB», a dit Pierre Gilbert.

Sur une note plus comique, à la fin de l’Assemblée générale, Rolland Bouffard de Sainte-Marie a proposé à la blague de renommer l’organisme la «Société du matrimoine des Beaucerons». Cette blague fait référence à une proposition de Québec Solidaire datant de novembre 2017. Le parti réuni en congrès avait proposé que le mot patrimoine soit remplacé par héritage culturel sur sa plateforme.

Budget 2017-Société du patrimoine des Beaucerons (1)

Budget 2017-Société du patrimoine des Beaucerons (2)

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