La députée caquiste Nathalie Roy est élue présidente de l’Assemblée nationale

Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
La députée caquiste Nathalie Roy est élue présidente de l’Assemblée nationale

QUÉBEC — La députée caquiste de Montarville, Nathalie Roy, est devenue mardi la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, succédant à François Paradis, qui a quitté la vie politique en octobre.

Dans toute l’histoire du Québec, c’est seulement la deuxième fois qu’une femme accède à la prestigieuse fonction. Avant elle, la péquiste Louise Harel avait ouvert la voie, mais très brièvement, de 2002 à 2003.

Son élection, qui était un secret de Polichinelle, a été confirmée mardi au moment d’entamer la nouvelle session parlementaire de la 43e législature du Québec.

Visiblement très émue, elle est montée sur le trône de la présidence, en soulignant ce «très grand honneur» qui lui été fait. Elle a dit vouloir exercer ses fonctions «avec le plus grand sérieux», se montrant ouverte à d’éventuelles réformes. Mme Roy a promis d’agir avec tous les élus de façon «juste, équilibrée et équitable».

Durant le premier mandat du gouvernement Legault, Mme Roy était ministre de la Culture et des Communications. Elle avait été aussi brièvement responsable de la promotion de la langue française, durant la première année du mandat. Au moment de former son cabinet en octobre dernier, le premier ministre François Legault avait choisi de ne pas lui confier de responsabilités ministérielles.

Âgée de 58 ans, Mme Roy, qui en est à son quatrième mandat, est avocate de formation et avait surtout exercé le métier de journaliste à la télévision, avant de se lancer en politique en 2012 sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ). Elle fait donc partie de la première cohorte de députés du parti formé en 2011 par M. Legault.

Dans ses fonctions à titre de 47e présidente de l’Assemblée nationale, elle sera secondée par la députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, qui passera de deuxième à première vice-présidente, le député caquiste de Chauveau, Sylvain Lévesque, au poste de deuxième vice-président, et le député libéral de Viau, Frantz Benjamin, qui occupera le poste de troisième vice-président. Ce dernier poste revient à l’opposition officielle, dans ce cas-ci le Parti libéral du Québec (PLQ).

Officiellement, le député appelé à la présidence est choisi par ses pairs, à la suite d’une élection. Dans les faits, c’est le choix du premier ministre. Aucun autre candidat n’étant sur les rangs, Mme Roy a donc été élue sans opposition. Deux autres députées s’étaient montrées intéressées par le poste, Chantal Soucy et Sylvie D’Amours (Mirabel), mais elles se sont désistées, quand le premier ministre a indiqué sa préférence pour Mme Roy.

Même si la présidente est issue du parti au pouvoir, elle devra avoir la confiance des élus des différents groupes parlementaires pour exercer ses fonctions sans voir ses décisions constamment contestées. Son poste implique un devoir de neutralité et d’impartialité, en s’assurant que chaque député ait une place au parlement et puisse faire entendre sa voix. Durant le premier mandat caquiste, Mme Roy avait la réputation de parfois céder à la partisannerie, un travers qui serait fort mal vu à compter de maintenant.

Son rôle consistera essentiellement à assurer le bon fonctionnement des débats et travaux parlementaires, notamment durant la période de questions, à appliquer le règlement, gérer les services fournis aux parlementaires et représenter à l’occasion l’Assemblée nationale auprès d’autres Parlements à l’étranger.

Au quotidien, elle devra à tout moment jouer un rôle d’arbitre, en vue de régler les différends qui surviendront immanquablement entre élus du gouvernement et de l’opposition.

Le maintien du décorum propre à l’institution, tâche souvent ingrate et délicate, sera également sous sa responsabilité. On verra sans doute rapidement si elle a l’autorité nécessaire pour ramener l’ordre au Salon bleu, quand les débats entre élus des deux côtés de la Chambre déraperont et tourneront à la foire d’empoigne.

À compter de maintenant, toujours par souci d’impartialité et de neutralité, et même si elle est une députée caquiste, Mme Roy n’a plus le droit d’assister aux caucus de la CAQ.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a réagi mardi à sa nomination en disant espérer que Mme Roy soit «rassembleuse, qu’elle s’élève au-dessus de la mêlée».

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