Fiona: les coûts élevés et le manque de main-d’œuvre entravent la reconstruction

Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne
Fiona: les coûts élevés et le manque de main-d’œuvre entravent la reconstruction

HALIFAX — La volonté de reconstruire rapidement après la tempête post-tropicale Fiona se heurte à des défis qui existaient avant que les vents destructeurs ne déchirent le paysage en Nouvelle-Écosse: la hausse du coût des matériaux de construction et la pénurie généralisée de main-d’œuvre qualifiée.

Il est trop tôt pour mettre un prix sur les dommages causés par Fiona, mais la ministre des Travaux publics, Kim Masland, affirme que l’effort de reconstruction sera en concurrence pour la main-d’œuvre avec les projets de construction en cours, ce qui fera grimper les prix et prolongera les délais.

Lors d’une récente rencontre du cabinet, Mme Masland a reconnu qu’il y aura «des pressions sur les coûts à l’avenir», ajoutant toutefois qu’il faudra surmonter ce défi pour offrir des routes sécuritaires aux Néo-Écossais.

La ministre a affirmé qu’avant la tempête, la province avait annulé six projets de ponts et de routes existants cette année en raison de coûts plus élevés que prévu. Certaines estimations de coûts, a-t-elle dit, «sont extrêmement élevées», ce qu’elle a attribué à la hausse des prix de l’acier, du diesel, de l’asphalte et de la main-d’œuvre.

Le gouvernement a déclaré la semaine dernière dans une mise à jour économique que les dépenses en immobilisations pour les autoroutes et autres infrastructures coûteront 73 millions $ de plus que prévu pour l’exercice 2022-2023.

Mme Masland a précisé que la province avait toujours l’intention de terminer les six projets annulés, qui comprennent des travaux de réparation d’un pont dans sa circonscription de Queens-Shelburne. Son ministère étudie «différentes options de livraison», telles que l’exécution des projets par phases. La province se concentrera d’abord sur les réparations urgentes, a-t-elle ajouté.

En Nouvelle-Écosse, certains des dégâts les plus graves causés par la tempête se sont produits au Cap-Breton et dans le comté de Pictou, où les routes ont été emportées et le pont-jetée menant à Big Island a été considérablement endommagé.

«Nous devrons examiner les travaux les plus cruciaux, les plus importants, et nous devrons d’abord nous concentrer sur leur réparation», a déclaré Mme Masland.

«De vrais, vrais problèmes»

Duncan Williams, président de la Construction Association of Nova Scotia, affirme que la demande de gens de métier qualifiés est extrêmement élevée. Il estime qu’environ 2000 à 3000 travailleurs supplémentaires étaient nécessaires pour les projets en cours, bien avant que la tempête ne frappe.

M. Williams a indiqué que le secteur avait perdu un certain nombre de travailleurs qualifiés pendant la pandémie, lorsque beaucoup ont choisi de prendre une retraite anticipée, mais «même avant la pandémie, nous étions confrontés à des problèmes de main-d’œuvre», a-t-il soutenu en entrevue mardi.

«Et puis, bien sûr, les projets de construction sont en plein essor, alors mettez un ouragan en plus de cela et nous avons de vrais, vrais problèmes», a-t-il souligné.

De nombreux projets dans la région d’Halifax, a-t-il ajouté, ont «avancé à un rythme d’escargot» en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

Selon Marjorie Davison, présidente-directrice générale de la Nova Scotia Apprenticeship Agency, les estimations montrent que la Nouvelle-Écosse a besoin d’environ 11 000 nouveaux gens de métier d’ici 2030.

«Environ la moitié de cette demande concerne uniquement le secteur de la construction», a précisé Mme Davison.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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