Des agents de la GRC sont menacés d’être congédiés pour des propos discriminatoires

Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) accusé d’avoir tenu des propos racistes et sexistes dans des conversations de groupe devrait être immédiatement congédié ou contraint de démissionner dans les 14 jours, a soutenu l’avocat de l’autorité disciplinaire lors d’une audience devant le comité d’arbitrage vendredi.

John MacLaughlan a expliqué que l’agent Ian Solven «a rompu ses liens professionnels avec la GRC» par une inconduite qui «porte atteinte aux valeurs fondamentales de la GRC».

En novembre, l’arbitre de la GRC, Louise Morel, a conclu que les agents de Coquitlam Solven, Mersad Mesbah et Philip Dick avaient manqué de respect et de courtoisie envers autrui et avaient commis une faute professionnelle en publiant des commentaires racistes, sexistes et homophobes dans une conversation de groupe avec d’autres agents et sur les ordinateurs de la police.

Les documents judiciaires révèlent que les allégations portées contre Solven, Dick et Mesbah ont été révélées après qu’un de leurs collègues se soit plaint de ce qu’il considérait comme des agissements «atroces», «racistes et odieux» de la part de ses collègues.

La GRC demande le renvoi des agents, tandis que les trois demeurent suspendus avec solde.

Me MacLaughlan a expliqué vendredi, lors de l’audience du comité d’arbitrage, que les agissements et les propos de Solven soulevaient des inquiétudes quant à l’administration de la justice et aux opérations de la GRC. Ses commentaires «dénigraient ses collègues» et déshumanisaient «les membres les plus vulnérables de la société».

Solven a affirmé avoir été fier d’être membre de la GRC et l’être toujours, tout en reconnaissant avoir manqué aux attentes et aux valeurs fondamentales du corps. Il a dit qu’il «regrette sincèrement» ses actes.

Solven a justifié ses actes par ses frustrations et des problèmes personnels, qui l’ont conduit à s’en prendre gratuitement à ses collègues.

Vendredi, Solven a indiqué qu’il gérerait ses frustrations et ses tensions avec intégrité et respect, et qu’il «ne recommencerait jamais». Solven, suspendu depuis 2021, a assuré lors de l’audience qu’il «ne recommencerait jamais».

«J’ai jeté le discrédit sur l’excellent travail accompli par mes collègues en raison de mon incapacité à gérer mes émotions à ce moment-là, et ce, non seulement pour la GRC, mais aussi pour les autres intervenants d’urgence en contact avec le public», a-t-il dit.

L’avocat de Solven, Brad Kielmann, a plaidé à l’arbitre que son client ne devrait être ni congédié ni contraint de démissionner. Il a fait valoir que de telles mesures auraient des répercussions financières importantes pour son client, ajoutant que Solven considère son rôle au sein de la GRC comme une véritable vocation.

«De toute façon, une mutation, une formation de recyclage et une nouvelle formation seraient appropriées, et il devrait y avoir une retenue sur salaire, a expliqué Me Kielmann vendredi. Il accepte que des mesures disciplinaires strictes soient imposées, mais il demande seulement à avoir une seconde chance de servir au sein de la GRC.»

Me MacLaughlan a expliqué qu’il ne demandait pas à la commission d’exiger la perfection, mais que la faute en question «dépasse largement les limites de ce qui peut être considéré comme une conduite acceptable au travail».

«Vous tenez des propos dégradants envers des collègues, fondés sur leur sexe et leur orientation sexuelle. J’ai clairement indiqué que de tels propos n’ont pas leur place au sein de la GRC, qui, malheureusement, est publiquement entachée par des signalements de harcèlement et de mauvais traitements envers les agentes», a ajouté Me MacLaughlan.

Il a indiqué que la jurisprudence reconnaît que ce type de commentaires «crée un climat de travail toxique, voire le détériore».

Me MacLaughlan a affirmé que Solven avait un jour qualifié une femme nue dans un refuge pour personne en situation d’itinérance de «son divertissement» et qu’il avait utilisé le système de communication de la police pour traiter d’autres collègues policiers de «débiles».

L’avocat a également mentionné d’autres incidents, notamment le fait que Solven ait décrit le plan de vacances de la GRC comme «un plan qui permettrait aux agentes de tomber enceintes et de ne pas travailler pendant trois ans», et qu’il ait un jour qualifié une victime d’agression sexuelle de «fille stupide».

Me MacLaughlan a conclu en disant que permettre à Solven de reprendre le travail serait une preuve d’«insensibilité flagrante».

«Je ne veux pas m’étendre sur le sujet, mais cette affaire a suscité l’attention des médias nationaux. En clair, le public est attentif», a-t-il dit.

Le juge Morel a fixé sa décision orale à mercredi.