Les œillères

Les œillères

Crédit photo : libre de droits

COMMENTAIRE. Semble-t-il que les grands requins blancs tuent en moyenne quatre personnes par année à travers le monde. De leur côté, les vaches en tuent 22. Tout le monde a peur des requins, mais qui a peur des vaches? L’être humain est un drôle d’oiseau…

Les idées préconçues fourmillent dans notre société. Désolé de sauter du coq à l’âne, mais j’ai eu la chance de voir la semaine dernière une vidéo lancée par Radio-Canada, et partagée sur Facebook par une amie qui va certainement se reconnaître. Brièvement, celle-ci présentait de courts témoignages de personnes handicapées dont les situations quotidiennes ont tendance à finir en queue de poisson, justement parce qu’ils sont trop souvent perçus comme étant le dindon de la farce.

Notamment, ils y racontent comment des gens arrivent comme un chien dans un jeu de quilles avec leurs yeux de merlan frit et leur parlent en bébé, font semblant de les comprendre (lors de problèmes d’élocution), ou encore jouent les poules mouillées et les ignorent complètement. De quoi les faire devenir chèvres!

Depuis quand être aveugle ou en fauteuil roulant transforme quelqu’un en une tête de linotte incapable de répondre aux questions? Ils savent qu’ils ont un mal de chien à prononcer convenablement les mots, ils ne jouent pas à l’autruche. Mais, ils sont aussi fiers comme un coq (comme n’importe qui d’ailleurs) et espèrent simplement avoir la chance de s’exprimer.

Dans le même ordre d’idées, tout comme ils détestent être tournés en bourrique, ils ont horreur de notre pitié. C’est de la bouillie pour les chats et ils ont d’autres chats à fouetter. Surtout s’ils reconnaissent les larmes de crocodile… Ça leur donne envie de détaler comme un lièvre. Ils ne veulent que le même respect auquel tout le monde s’attend à recevoir.

Nul besoin non plus de les considérer comme des brebis du bon Dieu, ou encore comme des héros qui affrontent la vie en lion. Lorsqu’ils voient quelqu’un monter sur ses grands chevaux, ils savent qu’il y a anguille sous roche. Ils ne veulent pas passer pour des personnes inspirantes, du moins, pas à cause de leur différence. Souvent, malgré les difficultés qu’ils rencontrent, ils sont tout à fait heureux comme un poisson dans l’eau et ont appris à retomber sur leurs pattes en cas de lézard.

En somme, je crois que la vidéo de Radio-Canada m’a mis la puce à l’oreille à propos d’une réalité que je ne connaissais pas. Si ça se trouve, je suis probablement moi-même coupable de ce genre de gestes maladroits. Je ne peux pas le jurer, car je suis loin d’avoir une mémoire d’éléphant, mais je tâcherai dorénavant à ne plus rester muet comme une carpe et de garder un œil de lynx ouvert. Ainsi, avec mon caractère de cochon, vous risquerez moins de vous demander quelle mouche m’a piqué…

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