Nouvelle cartographie : scepticisme municipal sur les zones inondables
Face à l’implantation de nouvelles cartes des zones inondables, des maires beaucerons tiendront le gouvernement provincial à l’œil.
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Gaétan Vachon, maire de Sainte-Marie, affiche déjà son scepticisme. Il est agacé notamment par la non-différenciation entre les inondations par embâcle et en eau libre. Celui-ci critique également la superficie zonale inondable qui augmenterait de 30 % (voir autre texte) selon les calculs préliminaires.
« Ça inclurait presque tout le boulevard Vachon, où on retrouve beaucoup de commerces et des résidences. Certains ne seraient plus assurables. Pourtant, on a eu de multiples rencontres avec le gouvernement pour détailler les inondations que l’on vivait », a mentionné M. Vachon.
Plus de 400 résidences, à la suite des crues historiques du printemps 2019, ont été démolies au centre-ville de Sainte-Marie. Certains citoyens se sont relocalisés plus à l’est entre les deux sorties de l’autoroute 73, un secteur en développement.
« Aucun bâtiment ne pourra être construit sur les terrains vacants [du centre-ville]. Nous avons un plan d’action pour les transformer. Ce sera comme un grand parc », a dit Gaétan Vachon, la Ville étant propriétaire de plusieurs terrains.
Beauce-Centre
Après ces mêmes crues en 2019, une centaine de bâtiments sont disparus du paysage de Beauceville. Une partie des terrains vacants, rachetés par la Ville, ont fait l’objet d’un reboisement social par Arbre-Évolution.
« Avant de rencontrer la population pour parler des nouvelles cartes, c’est sûr qu’on va rencontrer le gouvernement. Il y aura de grosses discussions avec eux autres », a promis le maire François Veilleux en séance du conseil municipal le 16 juin.
Ce plan gouvernemental ne serait pas totalement ficelé selon Jonathan Bolduc, préfet de la MRC Beauce-Centre et maire de Saint-Victor. « D’autres discussions auront lieu, mais disons que c’est assez étonnant. On ne veut pas laisser cela comme c’est annoncé », a-t-il confirmé le 18 juin, à la séance du conseil des maires.
Beauce-Sartigan
Notre-Dame-des-Pins est surtout victime des humeurs de la rivière Chaudière aux environs du pont couvert Perrault et du Manoir de la Roselière. Les futures cartes iraient au-delà de ce secteur, selon le maire Alain Veilleux.
« Le diable est dans les détails. Si on s’en tient juste au volet en eau libre, l’impact serait pareil aux anciennes zones. Si l’impact est plus grand, je vous le dis, on va bloquer ça », a-t-il indiqué le 18 juin, en séance mensuelle du conseil des maires.
À Saint-Georges, l’élargissement des zones inondables dépasserait le centre-ville. La Ville possède pourtant des outils, comme le barrage Sartigan, qui réduisent grandement les risques d’inondations.
« Il va falloir lever le flag et changer des directives. On ne peut pas faire du mur-à-mur dans tout le Québec. Le dossier restera en évolution », a conclu le maire Claude Morin, qui dénonce un sentiment d’improvisation du ministre de l’Environnement.
