Nouvelle cartographie : les zones inondables en hausse de 30 %
ENVIRONNEMENT. Le cadre réglementaire modernisé entourant les zones inondables entrera en vigueur le 1er mars 2026. La superficie de ces zones augmenterait de 30 %, une fois les nouvelles cartographies approuvées.
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« Le nombre de logements en zones inondables, selon les cartes actuelles, est estimé à 22 000 logements sur l’ensemble du territoire québécois. […] Les cartographies de nouvelle génération sont toujours en cours d’élaboration. Cette augmentation anticipée (30 %) s’explique par une plus grande précision dans la délimitation des zones inondables, la prise en compte des changements climatiques et l’inclusion des zones touchées par des inondations moins fréquentes », explique Josée Guimond, relationniste au ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
Ces cartographies ne créeront pas de nouvelles zones inondables, mais visent à illustrer les risques déjà présents. « On s’attend à ce que la grande majorité des nouvelles résidences […] seront en zone à risque faible », ajoute Mme Guimond.
Classifications
Les zones inondables seront représentées par quatre classes : faible (jaune), modérée (orange), élevée (rouge), très élevée (bourgogne). Elles remplaceront les cotes 0-20 ans et 20-100 ans, en combinant la probabilité d’inondation et la profondeur d’eau pouvant être atteinte, à partir du sol, pendant une crue.
Les ouvrages de protection contre les inondations (OPI) seront localisés sur ces cartographies, à mesure que les municipalités réaliseront une étude de caractérisation.
« Si une municipalité est officiellement déclarée responsable d’un OPI, […] la caractérisation de la zone inondable derrière l’ouvrage tiendra compte de la protection offerte par celui-ci. Une zone protégée à risque résiduel sera alors délimitée derrière l’ouvrage », peut-on lire sur le site web du MELCCFP.
Les règlements du cadre modernisé détermineront les activités possibles dans les zones inondables délimitées. Un seul règlement provincial inclura l’ensemble des exigences que devront appliquer les municipalités.
« Par exemple, la reconstruction d’un bâtiment résidentiel à la suite d’une inondation serait possible sur un territoire cartographié dans une classe d’intensité faible. Celle-ci serait interdite […] dans une classe d’intensité très élevée », mentionne Josée Guimond.
Rivière Chaudière
D’après les données actuelles du MELCCFP, une large portion le long de la rivière Chaudière, entre Saint-Lambert-de-Lauzon et Saint-Georges, se situe en zone inondable. Au moment d’écrire ces lignes, le ministère ne pouvait pas indiquer les portions élargies précisément selon la nouvelle réglementation.
Leur site web indique que d’ici le 1er mars 2026, « le gouvernement du Québec continuera d’accompagner les MRC, les villes et les municipalités qui pourront prendre connaissance du contenu du cadre et participer à des formations. C’est dans cette perspective qu’il crée le Comité technique de suivi à l’amélioration du cadre réglementaire modernisé ».
Le régime transitoire, implanté par Québec en 2022, demeure en vigueur jusqu’à l’entrée des nouveaux règlements. Tout ce travail découle des crues printanières historiques en 2017 et 2019, qui ont coûté plus d’un milliard de dollars.
