Pas de libération conditionnelle avant 16 ans pour Keven Deblois

JUSTICE. Reconnu coupable du meurtre au deuxième degré de Karine Bélanger, Keven Deblois ne pourra demander de libération conditionnelle avant 16 ans. Le juge Carl Thibault a accepté la suggestion commune de la Poursuite et de la Défense le 14 juillet au palais de justice de Saint-Joseph.

Il ne pourra donc pas faire de demande de libération conditionnelle avant 2038 puisque le délai s’amorce à partir de son incarcération en octobre 2022.

Cette peine s’applique à l’accusation de meurtre au deuxième degré. L’homme de 28 ans a également été condamné à cinq ans d’emprisonnement à purger de manière concurrente, puisqu’il est déjà condamné à perpétuité, pour les chefs d’outrage à un cadavre et d’incendie criminel. 

La suggestion faisait également état d’interdiction de posséder une arme à perpétuité, de prélèvement d’échantillon d’ADN et d’une interdiction de communiquer avec la famille de la victime. Deblois a également renoncé à son droit de porter le dossier en appel. Le dossier est donc définitivement clos.

La mère et le père adoptif de la victime, Linda Arsenault et Noël Gagnon, ont chacun écrit une lettre chacun qui ont été lues par les procureurs, Me Annik Harbour et Me François Doyon-Gascon. « Je me sens vide. Comment expliquer l’inexplicable ? Tout d’elle me manque. Mes petits-enfants, ses enfants, essaient aussi de comprendre », a confié Mme Arsenault en remerciant l’ensemble du personnel juridique.

« Ce fut le pire jour de ma vie. C’est comme un cauchemar qui ne finit pas. Karine était un rayon de soleil. Elle me manquera toujours », a de son côté partagé M. Gagnon.

Le juge Thibault a également offert à Keven Deblois de prendre la parole. « Il n’y a rien que je pourrais dire qui changera quelque chose », a-t-il dit après plusieurs secondes de silence.

« Pour la famille et les proches de Mme Bélanger, il s’agit d’une finalité, une vraie. Ils n’ont pas à se demander s’il y aura un appel dans les prochaines semaines. Cela fait en sorte qu’ils peuvent partir aujourd’hui en sachant que c’est réellement terminé. Ça n’efface rien. Ça ne ramène pas Karine Bélanger, mais cela leur permettra de tourner la page », a indiqué Me Harbour à la sortie de la salle d’audience.

Le lieu et l’arme du crime demeurent cependant un mystère. « On ne le saura peut-être jamais. Peut-être que cela sortira éventuellement lors des audiences de libération conditionnelle. Généralement, une libération conditionnelle vient avec une reconnaissance des faits. Peut-être qu’il s’ouvrira à ce moment. Ce sont des choses que l’on voit parfois », a ajouté Me Doyon-Gascon.

Rappelons que le 25 septembre 2022, le corps de sa conjointe, Karine Bélanger, a été retrouvé dans une camionnette incendiée sur le rang Saint-Pierre à Saint-Bernard. La victime avait 36 ans. L’accusé a été arrêté quelques semaines plus tard alors qu’il se trouvait au centre de détention de Québec, après que sa libération conditionnelle ait été révoquée.

Durant le procès, le pathologiste Yann Dazé a déterminé que la cause du décès de Mme Bélanger est un traumatisme abdominal probablement causé par un projectile d’arme à feu.