Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2018

Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2018

Les vents violents peuvent causer de lourds dégats.

MÉTÉO. > Le Canada n’est pas aussi froid qu’auparavant, les régions et les saisons sont toutes plus chaudes que jamais. Le Canada reste le pays le plus enneigé, mais il tombe moins de neige dans les régions du Sud. Notre manteau neigeux en montagne et nos glaciers disparaissent rapidement, et le nombre de jours sans gel augmente. 

Nos périodes de végétation sont plus longues, mais tout comme la durée et l’intensité de la saison des feux de forêt. Les Grands Lacs ont enregistré au cours des dix dernières années à la fois le niveau d’eau historiquement le plus élevé et le plus bas. Lorsqu’il pleut, il pleut souvent plus fort et plus longtemps avec un plus grand nombre de crues soudaines, notamment dans nos villes. Les tempêtes semblent prendre de l’ampleur et se déplacer plus lentement, laissant plus de dégâts dans leur sillage

Les changements météorologiques au Canada se manifestent soudainement et non subtilement, rapidement et non progressivement. Au fur et à mesure que les Canadiens continuent de subir un plus grand nombre de phénomènes météorologiques extrêmes, les vagues de chaleur intenses pouvant durer des mois, la fumée et la brume suffocantes provenant des feux de forêt et les inondations extrêmes deviendront tout simplement la norme dans quelques décennies.

Des événements qui étaient autrefois rares ou inhabituels pour nos grands-parents sont désormais chose commune, alors que nous devenons tous plus vulnérables et exposés à des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Comme les dix événements météorologiques les plus marquants de 2018 le confirment, les Canadiens doivent faire preuve de plus de résilience, non seulement pour les événements à venir, mais aussi pour les variations climatiques qui se manifestent déjà.

Faits saillants régionaux

  1. Le nombre record d’incendies de forêt et d’heures sous un ciel enfumé

Partout au Canada, la saison des incendies de forêt a connu un départ lent en raison de l’hiver long et persistant qui a duré jusqu’en mai dans certaines régions. Malgré ce début tardif, les statistiques nationales indiquent qu’il y a eu plus de feux que jamais l’an dernier et que la superficie totale brûlée correspondait au double des moyennes à plus long terme.

Pour la deuxième année consécutive, la Colombie-Britannique a été confrontée à un état d’urgence à l’échelle de la province. Près de 2 000 incendies de forêt ont fait rage dans toute la province. Si la saison a commencé tard, elle a rattrapé le temps perdu. En date du 8 août, on avait recensé 460 incendies de forêt simultanés, soit plus que n’importe quel jour de 2017, dont 25 d’une ampleur considérable.

  1. Le Canada touché par la vague de chaleur estivale mondiale

Dans le monde entier, l’été 2018 a été le troisième plus chaud jamais enregistré. La chaleur torride s’est étendue du Japon à la Grande-Bretagne en passant par la Californie, et le Canada n’a pas été en reste. Le mois de mai a apporté un été hâtif qui a persisté implacablement pendant tout le mois d’août, voire plus longtemps dans l’Est.

Pour des millions de gens dans le Sud du Canada, l’été dernier a été le troisième plus chaud jamais enregistré. Certains jours, les avertissements de chaleur étaient en vigueur de l’île de Vancouver à Terre-Neuve-et-Labrador, l’humidex atteignant autour de 45 dans certaines régions. Il est rare que le Canada soit en proie à une vague de chaleur humide aussi longue, mais deux anticyclones de blocage semi-permanents ont perduré des deux côtés du pays tout au long de l’été : un anticyclone des Bermudes fixé au-dessus de l’océan Atlantique et un anticyclone de la Californie immobilisé au-dessus de la côte Pacifique. Il en a résulté un dôme qui emprisonnait l’air chaud de l’été et empêchait le temps plus humide de s’installer.

  1. Un temps chaud et sec suivi de chutes de neige nuit aux récoltes des Prairies

Les agriculteurs et les éleveurs des Prairies ont affronté d’énormes défis en cette saison de croissance éprouvante. La ligne de gel faisant deux mètres de profondeur par endroits, le printemps long et froid n’a pas permis aux agriculteurs d’accéder à leurs champs avant la mi-mai. Une sécheresse est venue ensuite jusque dans le sud et le centre des Prairies, où, entre avril et août, il n’y a eu que 60 % des chutes de pluie moyennes. Par endroits, la quantité totale de pluie a été à son plus bas depuis au moins 40 ans. Certains producteurs ont connu une troisième année sèche d’affilée. À Regina, les années consécutives de sécheresse de 2017 et de 2018 ont été les plus sèches enregistrées, selon des registres s’échelonnant sur 135 ans.

Lorsque la chaleur étouffante est arrivée en juillet et en août, les cultures se sont flétries. Les éleveurs de bétail et les producteurs laitiers ont vu leurs stocks de céréales fourragères s’étioler et les prix augmenter, ce qui les a contraints à vendre leur bétail et leurs vaches laitières prématurément.

La région est passée de l’été à l’hiver avec la chute des températures et la pluie qui s’est changée en neige lorsqu’une masse d’air froid en provenance du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest a envahi les Prairies la deuxième semaine de septembre, s’installant jusqu’à la mi-octobre. Le gel en septembre est normal, mais six semaines de froid et de neige, c’est du jamais vu. La grande majorité des cultures, dont la valeur s’élève à plus de 4 milliards de dollars, sont restées dans les champs et ont été aplaties par les chutes de neige record.

  1. Les vents puissants du mois de mai coûtent un milliard de dollars

Le 4 mai, une ligne de grain formée par des orages et se déplaçant rapidement a traversé le sud-ouest de l’Ontario vers midi, est passée par la région du Grand Toronto vers 16 h et s’est précipitée vers les villes de Montréal et de Québec dans la soirée. Les rafales de la force d’un ouragan ont produit des vitesses de vent record au mois de mai : 126 km/h à Hamilton, 122 km/h à Kitchener-Waterloo, 119 km/h à Toronto et 117 km/h à Montréal.

Des lignes électriques se sont effondrées, ce qui a entraîné des pannes de courant étendues. Au Québec, 285 000 clients ont été privés d’électricité, tandis qu’en Ontario, où les vents ont endommagé 350 poteaux électriques, 300 000 clients ont été touchés. Sous l’effet de ces vents violents, des clôtures, des panneaux, des bardeaux, des bardages, du mobilier de patio et des abris d’autobus se sont envolés. Des vents rectilignes ont fait tomber des branches d’arbres sur des véhicules et des résidences, ont fait osciller des immeubles de grande hauteur et ont provoqué l’effondrement de grues.

Au Québec, des vagues ont dépassé des brise-lames et érodé les côtes. Malheureusement, trois travailleurs ont été tués pendant la tempête. Selon le Bureau d’assurance du Canada, il s’agissait de la tempête la plus coûteuse du pays en cinq ans, les pertes totales ayant été estimées à près de un milliard de dollars.

  1. Les tornades d’Ottawa-Gatineau le dernier jour de l’été

Le 21 septembre, le dernier jour de l’été, des météorologues en Ontario et au Québec étaient occupés à faire le décompte des statistiques sur le temps violent de la saison. La saison des tempêtes avait été relativement calme avec cinq tornades en Ontario et deux au Québec, ce qui était inférieur aux chiffres normalement relevés de douze et sept tornades, respectivement. En même temps, ils gardaient un œil sur la collision possible d’une masse d’air chaude et humide avec un front froid puissant. Les conditions étaient propices pour produire des orages en fin d’après-midi dans l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec.

À 16 h 17, une veille de tornade qui avait été émise pour une grande partie des comtés de Renfrew et de Lanark, près d’Ottawa, s’est transformée en avertissement. Juste avant 17 h, une tornade a frappé Kinburn-Dunrobin, a traversé la rivière des Outaouais et s’est abattue sur la région du Pontiac (Luskville) du cours inférieur de l’ouest du Québec, avant de toucher le quartier Mont-Bleu à Gatineau. Moins d’une heure plus tard, une autre ligne d’orages a traversé la vallée de l’Outaouais, créant une autre tornade qui a frappé Ottawa d’Arlington Woods (Nepean) à Greenboro (Gloucester).

La tornade de Dunrobin et Gatineau a été classée EF3 avec des vents d’une vitesse maximale allant jusqu’à 265 km/h, ce qui en a fait la tornade la plus forte frappant l’est de l’Ontario depuis 1903. Cela est d’autant plus remarquable qu’il s’agissait, depuis 120 ans, de la tempête la plus terrible à avoir frappé le Canada, quelle que soit la province canadienne concernée, au mois de septembre.

  1. Les inondations printanières dans tout le sud de la Colombie-Britannique

Pour la deuxième année consécutive en Colombie-Britannique, des inondations printanières étendues ont menacé des collectivités dans tout le sud de la province, en particulier le long des rivières Okanagan, Kettle et du fleuve Fraser. Après un hiver enneigé, l’enneigement dans l’ensemble de la province au printemps a été le plus grand observé depuis près de 40 ans de tenue des registres, soit de 160 à 260 % supérieur à la normale, avec une hauteur de plus de dix mètres sur certains pics montagneux. Lors des températures maximales records à la fin du printemps, une « fonte abrupte » a frappé la région. L’enneigement, des pics alpins aux vallées, a fondu tout d’un coup, saturant les réseaux hydrographiques et entraînant des inondations prolongées.

Trois cents membres des Forces armées canadiennes, 200 pompiers et des centaines de bénévoles ont passé une semaine éreintante à pomper et à endiguer à l’aide de sacs afin de lutter contre les eaux dont le niveau augmentait. Près de 5 000 résidents ont été évacués et une alerte de veille a été émise pour 7 000 autres résidents, tandis que des états d’urgence ont été déclarés dans l’ensemble de l’intérieur des terres.

Deux jours de pluie abondante ont fait en sorte que les rivières ont atteint des niveaux plus élevés que ceux enregistrés au cours des inondations dévastatrices 70 années auparavant.

  1. La crue éclair de la rivière Saint-Jean

Les inondations le long de la rivière Saint-Jean sont un rite du printemps au Nouveau-Brunswick : des tâches liées à l’érection de digues de sable sont prévues. Néanmoins, rien d’inhabituel n’avait été prévu pour les inondations de cette année.

Même les experts en inondation les plus chevronnés ont été pris par surprise. L’enneigement avait été important, mais n’avait pas battu des records. Les premiers jours avaient été chauds, mais aucun record de chaleur n’avait été relevé. Des pluies abondantes se sont déversées, mais elles n’étaient pas inhabituelles. Aucun des éléments déclencheurs d’inondations n’était en soi remarquable, mais leur combinaison a créé des inondations qui ont fait sortir de son lit l’eau la rivière Saint-Jean pendant plus de deux semaines.

Au début du mois d’avril, Edmundston a été recouvert de 50 à 80 cm de neige. Au cours d’une période de 48 heures, les températures dans la province ont grimpé pour atteindre 29 °C, en transformant le bassin de la rivière Saint-Jean. Des tempêtes de pluie abondante ont toutefois commencé à se former, la pluie tombant durant 31 des 32 jours suivants, totalisant 152 mm. Il en a résulté une élévation de près de deux mètres au-dessus des niveaux d’inondation dans la rivière Saint-Jean..

  1. Le déluge du mois d’août à Toronto

Tard dans la soirée le 7 août, une tempête dense a pris naissance près de l’Université York dans la banlieue de Toronto avant de se diriger vers le sud et de déverser son humidité sur le centre de la ville. Une station météorologique du centre-ville a enregistré 58 mm de pluie et l’aéroport de l’île de Toronto en a reçu 72 mm. Étonnamment, l’aéroport international Lester B. Pearson à Mississauga et l’aéroport de Buttonville à Richmond Hill ont reçu à peine 6 mm de pluie; d’autres stations météorologiques n’ont enregistré aucune pluie.

Durant l’été, des pluies modérées ont parfois causé des inondations, ce qui a mis au jour une problématique plus complexe dans les zones urbaines : à mesure que les villes s’étalent et que de plus en plus de surfaces deviennent imperméables, le risque d’inondation urbaine s’accroît.

  1. Un froid record annonciateur d’un long hiver

Au Canada, l’hiver 2017 à 2018 a commencé en novembre, s’est amplifié en décembre, s’est calmé en janvier et est revenu en lion en février, pour s’installer pendant deux mois. Cet hiver de six mois a été pénible même pour les plus fervents amateurs de la saison froide au Canada.

Il a commencé lorsque le redouté vortex polaire a fléchi et libéré une masse d’air glacial et des refroidissements éoliens brutaux. Puis, juste à temps pour le 21 décembre, le premier jour de l’hiver, un courant arctique d’un froid record venu du pôle Nord s’est répandu sur tout le Canada. Entre Noël et le Jour de l’an, des records de froid ont été fracassés et l’année 2018 a commencé sur des avertissements météorologiques de froid extrême pour une bande du Canada de la taille de l’Europe.

À la fin janvier, au début d’hiver, le sud du Québec avait déjà atteint le nombre annuel moyen de jours affichant des mercures de -20 °C ou plus bas. Edmonton a enregistré un nombre record de 127 jours consécutifs de mercures inférieurs au point de congélation.

  1. Un mois d’avril cruel, froid et orageux

Connu comme le mois le plus cruel, avril a fait honneur à sa réputation presque partout au Canada en 2018. À l’échelle nationale, ce fut le mois d’avril le plus froid depuis 16 ans et, en Ontario et au Québec, il n’avait pas été aussi froid depuis 71 ans. Certains l’ont surnommé le mois de « javril » et agriculteurs et golfeurs ont dû patienter pour que la nature se réveille enfin.

Le 4 avril, une puissante tempête ayant pris naissance au Colorado a traversé le sud de l’Ontario et du Québec recouvrant les surfaces de pluie verglaçante, déversant de la pluie ou de la neige (ou les deux à la fois) en abondance et ébranlant la région de violents vents dominants (courant-jet). Pendant près de 20 heures, la pluie verglaçante s’est abattue sur Montréal et la Gaspésie. Une onde de tempête à Québec a fait sortir le fleuve Saint-Laurent de son lit, inondant des routes.

Puis, le 15 avril, une tempête deux fois plus puissante venue du Texas a causé plusieurs jours de grésil et de pluie verglaçante dans la région. En trois jours, le sud de l’Ontario avait reçu des chutes de pluie équivalentes à ce que reçoit la région en deux semaines. Le nombre de pannes d’électricité provoquées par ces deux tempêtes a atteint 500 000 en Ontario et 100 000 au Québec, et certains abonnés ont été touchés par ces pannes deux fois en moins de deux semaines.

(SOURCE : Environnement et Changement climatique Canada)

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