Accident à Saint-Séverin: défectuosité mécanique et alcool en cause

TRANSPORT. Le coroner Donald Nicole a finalement publié son rapport relativement à l’accident d’hélicoptère survenu dans le secteur de Saint-Séverin, le 21 septembre dernier, accident qui a causé la mort du pilote, M. Louis Lessard. Il conclut à un décès accidentel, mais laisse entendre qu’une mauvaise manœuvre a pu causer une défectuosité mécanique et que l’alcool a pu aussi être en cause.

Selon les informations colligées au cours de l’investigation, le 21 septembre 2025 vers 12 h 50, M. Lessard était seul à bord de son hélicoptère et volait à basse altitude en direction de Magog, lorsqu’il a perdu le contrôle de son appareil qui s’est écrasé dans une érablière de la Route Sainte-Marguerite, à Saint-Séverin, avant de prendre feu.

Des témoins de l’accident ont alerté les secours. Selon ces témoins, l’hélicoptère volait à basse altitude et son moteur semblait faire un bruit inhabituel, avant de soudainement tourner à droite, de pivoter, de piquer du nez vers le sol, de percuter des arbres et de prendre feu.

Les services d’urgence sont rapidement intervenus et ont découvert le corps de M. Lessard sans vie dans la carcasse incendiée de son hélicoptère. Puisqu’il n’avait plus de signes vitaux et que son corps était carbonisé, deux policiers ont complété un constat de mort évidente vers 13 h 26, le même jour.

Lors de l’autopsie réalisée à la suite de l’accident, le pathologiste a notamment constaté « un polytraumatisme contondant avec de multiples fractures au niveau crânien, costal bilatéral et vertébral, ainsi que de multiples hémorragies internes. La présence de suie a aussi été observée dans les voies respiratoires inférieures, ce qui suggère que M. Lessard était vivant au moment de l’écrasement de son hélicoptère. De plus, aucune lésion anatomique préexistante pouvant expliquer l’accident n’a été constatée », peut-on lire dans le rapport.

Il ajoute que « toutefois, l’analyse du liquide oculaire a mis en évidence une alcoolémie de 149 mg/dl. Il mentionne qu’il est important de noter que l’alcoolémie oculaire est une alcoolémie atteinte avant le décès et est souvent supérieure à l’alcoolémie sanguine obtenue lors des prélèvements effectués après le décès », peut-on aussi apprendre.

L’ensemble des éléments recueillis laisse présumer que M. Lessard a accidentellement effectué un mouvement prononcé de la commande cyclique de son hélicoptère vers l’avant, alors qu’il était sous les effets de l’alcool et qu’il était à basse altitude, ce qui a causé un roulis rapide à droite et un état de quasi-apesanteur qui lui a fait perdre le contrôle de son hélicoptère et qui a provoqué son écrasement.

Les observations du Bureau de la sécurité dans les transports du Canada (BSTC) indiquent que, étant donné l’état de destruction de l’aéronef et les données limitées de l’accident, il a été impossible de déterminer la source du bruit inhabituel entendu par les témoins et de confirmer ou d’écarter une défaillance mécanique de l’hélicoptère en vol. Toutefois, l’examen de l’épave a mis en évidence que le moteur et les deux rotors de l’hélicoptère étaient toujours en fonction au moment de l’impact au sol et que plusieurs pièces ne présentaient pas de défaillance préalablement à l’impact.