S’engager à fond avec des fonds

ARTS. Attablé dans le bar-salon de la Cache à Maxime, Claude Gagné, artiste de Saint-Georges, est venu partager sa passion et ses opinions sur l’accès à la culture en Beauce.

Être artiste, c’est un peu la deuxième carrière de Claude Gagné qui a travaillé comme horticulteur pendant de nombreuses années. Son exposition «J’ai rêvé une rivière» vient de se terminer le 14 mai au Musée Marius-Barbeau.

Il a d’abord expérimenté la photo en ligne, étudié la sculpture à Saint-Jean-Port-Joli et mis les mains à la pâte en sculpture éphémère. Il a fini par trouver sa niche: la transformation de photos.

«J’amène la photo vers une troisième dimension en découpant ou en pliant pour lui donner de la matérialité», partage Claude Gagné, lors du Grand Rendez-vous des Arts en Chaudière-Appalaches.
«Habituellement, je m’autofinance. Je m’occupe de quelques contrats en photographie. J’enseigne la photo au grand public», conte-t-il.
Bien qu’il ne discrimine pas le fait de travailler à temps partiel, il estime qu’il faut un jour ou l’autre se consacrer complètement à l’art.
«Un moment donné, il faut plus que quelques heures par ici et par là, mieux vaut baigner dedans. Quand tu mets de l’énergie sur un projet, ça fait une énorme différence.»

L’accès à la culture
Elle varie d’une discipline des arts à une autre selon Claude Gagné. «C’est sûr qu’en art visuel, il y en a moins.»
La médiation culturelle est un bon moyen de rendre la culture accessible, mais pour y arriver il faut des ressources qui sont à peu près inexistantes dans la région. «Dans les centres urbains, comme au Musée d’art contemporain de Montréal, il y a des écoles qui visitent», dit Claude Gagné. «Mais ça prend aussi une volonté politique».
Le dernier fonds culturel de 300 000$ pour la région de Chaudière-Appalaches nécessitait un investissement de la part des MRC pour qu’elles puissent toucher au fonds. «Lévis, Montmagny, L’Islet ont embarqué, mais il y en a plusieurs qui ne l’ont pas fait», décrit avec désappointement Claude Gagné.