Travailler en amont afin de réduire les déchets 

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Par Frederic Desjardins
Travailler en amont afin de réduire les déchets 
Le compostage deviendra incontournable pour voir une diminution des volumes de déchets dans nos dépotoirs. (Photo : EZFotos)

La MRC La Nouvelle-Beauce et la Régie intermunicipale du comté de Beauce-Sud (RICBS) n’ont pas attendu le rapport du BAPE afin de diminuer les déchets aux sites d’enfouissement de Frampton et Saint-Côme-Linière.

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« Notre moyenne est meilleure qu’au provincial (587,5 kg de matières résiduelles par habitant), mais on est dans une optique zéro déchet. Notre site de Frampton sera plein en 2034 si on garde le statu quo », indique Samuel Boudreault, directeur du service de gestion des matières résiduelles et des ressources matérielles à la MRC La Nouvelle-Beauce.

Au cœur d’un investissement de 9 M$, cette MRC mettra en place un centre de gestion des matières organiques. Un tri robotisé, au site de Frampton, séparera les déchets compostables de ceux allant au dépotoir. Ce projet devrait entrer en fonction à l’automne 2023.

« Les citoyens devront faire un premier tri à la maison, en mettant les matières compostables dans des sacs spéciaux fournis par la MRC. Ils seront mis à la poubelle avec les autres sacs de déchets », explique M. Boudreault.

Pour les résidents de la MRC de Bellechasse, un système similaire sera implanté au site d’enfouissement d’Armagh. En novembre dernier, les deux MRC ont accepté la mise en commun de ressources touchant l’implantation du traitement des matières organiques sur leurs territoires respectifs.

« Nous travaillons sur une opération de communication afin d’impliquer la population dans cet important projet. On continue également à publiciser les matières récupérables à l’écocentre. L’accent doit être mis sur la revalorisation et le réemploi », mentionne Samuel Boudreault.

Planifier à long terme

Les MRC sont assujetties, par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), à concevoir un Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). Les différentes versions 2023-2030 feront l’objet de consultations publiques ce mois-ci.

« Ce plan valide nos gestes des années précédentes et les nouvelles actions à entreprendre. Notre plan inclut 50 mesures autour de quatre orientations, dont l’implantation de notre système de gestion des matières organiques avec Viridis », précise Audrey Paquet, agente aux communications à la RICBS.

Desservant 17 municipalités des MRC Beauce-Sartigan et Les Etchemins, l’organisme veut mieux documenter la gestion des matières résiduelles dans les industries, commerces et institutions. Son bilan actuel est meilleur que la moyenne provinciale (432 kg de matières résiduelles par habitant).

« Ça va bien au niveau des particuliers, mais on doit aller encore plus loin. La RICBS, ce n’est pas seulement un tas de vidanges au dépotoir. Notre écocentre donne une deuxième vie à de multiples objets. Le projet de compostage diminuera de 40 % à 50 % la quantité de déchets se retrouvant au dépotoir », dit Éric Maheux, directeur général de la RICBS.

Le BAPE privilégierait l’incinération des matières résiduelles au lieu de l’enfouissement. Selon Éric Maheux, cette solution n’est pas viable dans les régions moins peuplées.

« Ça prend du volume pour que ce soit rentable. Il faudrait créer une entente entre toutes les MRC pour aller porter nos déchets au même endroit. Nos camions feraient plus de trajets, causant ainsi trop de pollution », conclut-il.

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