Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET): les restrictions causent de lourdes pertes

AFFAIRES. La Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce (CCINB) vient de mettre de l’avant un sondage mené par L’Observatoire FCCQ (Fédération des chambres de commerce du Québec). Réalisé auprès de 346 entreprises de toutes les régions du Québec, celui-ci démontre que réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires plombe l’économie de la province.

Entre autres, le sondage révèle que l’impact financier moyen par entreprise jusqu’à maintenant a été une perte de 531 000 $, soit 6,5 % du chiffre d’affaires. Les entreprises projettent également des pertes de 2,2 M$ au cours des deux prochaines années, ce qui correspond à 12,7 % de leur chiffre d’affaires en moyenne. De plus, 35 % des répondants estiment que la survie de leur entreprise est à risque en raison des restrictions, tandis que 72 % sont d’avis que leur région est difficilement (53 %) ou pas du tout viable (19 %) économiquement en raison de la diminution de l’immigration permanente et temporaire. Enfin, 36 % des entreprises ont dû refuser ou annuler des contrats, 32 % ont abandonné des projets d’investissement et 32 % ont réduit leur production.

« Sur le terrain, les entrepreneurs nous le disent clairement: la diminution du nombre de travailleurs étrangers temporaires dans les entreprises fait mal, autant sur le plan humain que sur le plan économique. Pourquoi ajouter une pression supplémentaire sur nos entrepreneurs en leur retirant leur main-d’œuvre? Les travailleurs étrangers temporaires sont encadrés et contrôlés. Il est temps que nos gouvernements réalisent que réduire leur nombre est une mauvaise décision, tant pour l’économie du Québec que pour celle du Canada », a affirmé Marie-Christine Lavoie, directrice générale de la CCINB.

« Les restrictions au PTET imposées par le gouvernement fédéral avec l’appui du gouvernement du Québec coûtent très cher aux entreprises québécoises et à notre économie. Ce sont des millions de dollars qui se perdent en ce moment dans toutes les régions. Réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires alors que 1,4 million de postes devront être comblés dans les dix prochaines années est un non-sens économique. Dans le contexte géopolitique actuel, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement Carney choisit de nuire au dynamisme de nos régions. Ottawa doit reculer sur ses restrictions de manière urgente », a appuyé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ. (H.L.)