Programme de rachat des armes à feu: la Beauce dit non!
BEAUCE. À l’instar de Beauceville et de Sainte-Marie, la Municipalité de Frampton a profité de la séance ordinaire du conseil municipal du lundi 16 mars dernier pour demander au gouvernement fédéral de revoir son programme de rachat des armes à feu (loi C-21) adopté en décembre 2023.
Brièvement, la Municipalité estime que la priorité en matière de sécurité publique doit d’abord être l’ajout d’investissements en santé mentale, la lutte contre le trafic illégal d’armes et le crime organisé, plutôt que la confiscation d’armes légalement détenues par des citoyens qui respectent déjà un cadre réglementaire strict.
« La Sûreté du Québec ne doit pas être utilisée pour aller chercher des armes qui ont été achetées légalement. […] Pour les chasseurs, c’est très ordinaire. C’est venir gérer nos cuisines », a déclaré Véronique Brochu, conseillère municipale et chasseuse de Frampton, en soulevant qu’un test au Nouveau-Brunswick s’est conclu avec une facture de 675 M$. « Ça revient à 26 000 $ par arme. On est d’avis que cet argent-là devrait davantage être investi pour la santé mentale », a-t-elle ajouté.
« Les chasseurs le vivent très mal, parce que 99 % des crimes par arme à feu n’ont pas été faits avec des armes légitimement détenues. […] Dans le 1 % qui reste, bon nombre des crimes ont été réalisés avec une arme obtenue illégalement. La loi criminalise des gens qui n’ont rien fait et cible des armes qui ne sont pas concernées par ces crimes », a soulevé Martin Bourget, président et chef de direction pour Aventure Chasse Pêche.
De plus, ce dernier devine que plusieurs des modèles interdits ont été prohibés en raison de leur allure. Par exemple, un fusil Derya MK-12 est une arme à courte portée et peu efficace servant à la chasse aux petits gibiers ou à la sauvagine. Idem pour la carabine AR-15, fer de lance du gouvernement selon lui, avec laquelle aucun crime n’a été enregistré par une arme légitimement détenue et opérée par un propriétaire détenant les permis en règle. Néanmoins, ces armes ont été ciblées par la loi en raison de leur look « Rambo ».
De son côté, depuis plusieurs semaines, le député de Beauce Jason Groleau va à la rencontre de clubs de chasse et pêche, de même que de clubs de tir sportif, à travers le Québec afin de les inviter à se faire entendre.
« Ce ne sont pas ces honnêtes chasseurs-là qui sont la bonne cible. Je suis contre la violence, mais ce ne sont pas les bonnes personnes. On leur force la main! […] Les municipalités peuvent donner une grande pression au gouvernement », dit-il, en craignant que la dépense atteigne le milliard de dollars.
À cette heure, une requête serait à l’étude la Cour suprême du Canada afin d’invalider la loi C-21. À suivre.
