Pierre Poilievre en Beauce : à la défense des intérêts canadiens

POLITIQUE.  Chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre célébrait la Fête nationale du Québec en Beauce les 23 et 24 juin. Le journal a profité de son passage pour le questionner notamment sur l’économie et l’immigration, deux importants sujets touchant les citoyens de notre région.

Plusieurs entreprises locales exportent en sol américain. Face aux tractations actuelles sur l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), Pierre Poilievre souhaite son renouvellement à long terme.

« Ça inclurait l’élimination des tarifs [douaniers américains] sur l’acier, l’aluminium, le bois [d’œuvre] et les autos. C’est pour ça que j’ai présenté un plan de match, afin d’utiliser nos leviers pour obtenir l’accès au marché américain qu’on avait auparavant », précise le chef conservateur.

Dans la dernière année, le gouvernement fédéral et celui du Québec ont modifié plusieurs règles en matière d’immigration. Concernant les travailleurs étrangers temporaires (TET), le milieu des affaires en Chaudière-Appalaches martèle l’importance de cette main-d’œuvre, une idée partagée par Pierre Poilievre.

« Notre plan [au PCC] s’appelle le 5-5-5, pour les régions ayant moins de 5,5 % de chômage. On prévoit permettre aux entreprises de garder leurs TET pour une période de cinq ans. Ça permettrait une stabilité et une prévisibilité, en même temps qu’on travaille avec ces entreprises-là pour attirer des travailleurs canadiens pour combler les besoins », mentionne celui-ci.

Sécurité frontalière

La Beauce partage une frontière avec les États-Unis. La sécurité de cette frontière, d’un bout à l’autre du pays, revient constamment dans les débats, encore plus depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

« Je vois ça comme étant très important. Nous vivons une crise de fentanyl et d’armes trafiquées, et d’autres crimes transfrontaliers. Nous avons présenté un plan pour augmenter le nombre d’agents frontaliers, avoir une surveillance avec des drones et des scanners capables de regarder dans les boîtes. On va payer la facture en éliminant le programme d’achat des armes à feu. C’est un grand gaspillage d’argent où l’on harcèle les fermiers, chasseurs et tireurs sportifs qui respectent la loi », affirme M. Poilievre.

Unité canadienne

Début juin, Pierre Poilievre pointait les gouvernements libéraux successifs comme responsables des ferveurs indépendantistes au pays. Faisant la promotion de l’unité canadienne dans le débat souverainiste actuel en Alberta, il promet une implication similaire au Québec en cas d’un troisième référendum.  

« Je vais attendre après les prochaines élections [du Québec le 5 octobre prochain]. Je ne pense pas que les Québécois ont besoin de mes interventions pour leur dicter comment voter à ces élections. S’il y a un autre référendum, je serai là pour convaincre les Québécois de rester au Canada », confirme le chef du PCC.

Il voit beaucoup de similitudes entre les revendications albertaines et québécoises. « Ils voient un gouvernement autoritaire, centralisateur, qui coûte cher au monde, morbidement obèse. Les jeunes Québécois et Albertains ont de la misère à acheter une maison. Les familles ont des difficultés à acheter de l’épicerie », souligne Pierre Poilievre, critiquant les taxes et impôts trop élevés pour la classe moyenne.

Que pense-t-il du travail de Jason Groleau, député conservateur de Beauce ? « Il est très franc et direct. C’est un homme d’affaires, qui sait prendre des décisions, et maintenant le président de notre caucus québécois », conclut Pierre Poilievre.