Moisson Beauce: un nouveau programme pour récupérer de la viande

COMMUNAUTÉ. Moisson Beauce s’est associé à différents partenaires pour implanter le programme Viande solidaire dans la région afin d’offrir davantage de viande de bœuf et de porc aux familles dans le besoin.

Celui-ci permet à des éleveurs de bovins et de porcs de faire don de leurs animaux dits fragilisés, c’est-à-dire qu’ils ont une blessure limitant leur transport vers un abattoir, ou de réforme, une vache laitière en « fin de carrière », par exemple.

L’animal est alors transporté vers un abattoir local partenaire, l’Abattoir Cliche et l’Abattoir R. Pouliot et Fils pour Moisson Beauce. En retour, l’éleveur reçoit une compensation pour le transport et un reçu pour des fins d’impôts. Les bouchers transforment ensuite la viande en steak haché et envoient le tout à la banque alimentaire qui en fera la distribution dans son réseau.

La directrice de Moisson Beauce, Marie Champagne, décrit le projet comme étant gagnant-gagnant. La viande de ces animaux est propre à la consommation, mais ils ne peuvent pas être vendus de manière standard. Il arrive même qu’ils soient euthanasiés et envoyés directement à l’entreprise qui récupère les carcasses.

« C’est une solution concrète et durable pour nourrir les personnes vulnérables de chez nous, tout en évitant le gaspillage alimentaire », a ajouté le 2vice-président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, René Roy.

Le programme Viande solidaire a été créé dans la MRC de Coaticook en 2020, avant de s’étendre à l’ensemble de l’Estrie. Moisson Beauce et Moisson Québec, qui couvrent ensemble la majeure partie de Chaudière-Appalaches, l’ont adapté pour la région. Les deux organisations visent à l’étendre aux MRC de Montmagny et L’Islet l’an prochain.

Les besoins demeurent criants chez Moisson Beauce, qui répond à la demande de 6300 personnes chaque mois. Toutefois, ils se font encore plus ressentir au niveau de la viande. L’organisme ne répond qu’à 40 % de la demande de son réseau à ce chapitre. Cela correspond à un manque à gagner de 75 000 kg de viande par année.

Grâce à Viande solidaire, l’organisme estime pouvoir réduire le besoin de 12 000 kg dès la première année et vise à récolter 18 000 kg de viande à l’an quatre. Notons que Moisson Beauce demeure à la recherche de soutien financier pour assurer la pérennité et le développement du programme.