Les coops de santé demandent sa suspension
SANTÉ. La Fédération québécoise des coopératives de santé (FQCS) demande à Québec de mettre en pause l’application de la Loi 2. Dans sa forme actuelle, elle affecterait les niveaux de soins dans ces coopératives dès le 1er janvier prochain.
« Les médecins qui s’impliquent en coopérative sont des partenaires indispensables. La Loi 2 […] rend plus difficile leur engagement dans ces initiatives essentielles pour plusieurs communautés. Selon des données internes, près de 20 % des médecins […] vont cesser de pratiquer en coopérative dès janvier. D’autres sont en réflexion et vont faire connaître leurs décisions dans les prochaines semaines », souligne Marie-Claude Vachon, présidente de la FQCS.
Celle-ci parle en connaissance de cause. Directrice générale de la Coopérative de santé Robert-Cliche, elle confirme notamment la fin d’un partenariat entre l’organisme et une équipe de chirurgiens du CISSS de Chaudière-Appalaches, privant la tenue de 550 chirurgies mineures annuellement.
« Nous perdrons également les services d’un médecin interniste et d’un psychiatre. Ces spécialistes se déplaçaient à la clinique de Saint-Joseph, quand ils n’étaient pas requis à l’hôpital. La Loi 2 les empêchera de pratiquer à l’extérieur des hôpitaux », dénonce Mme Vachon avec amertume.
Au sein de la coop, qui possède des cliniques à Saint-Joseph et Beauceville, l’un des médecins a déjà annoncé une retraite anticipée en 2026.
« La Loi 2 fait craindre une situation pire qu’avant l’arrivée de notre coopérative (en 2007). Les patients nous posent beaucoup de questions, mais on n’a pas toutes les réponses. Notre principal financement vient de la cotisation des membres. Si l’on perd des services, certains patients ne renouvelleront pas. C’est un effet d’enchainement », affirme Marie-Claude Vachon.
À la Coopérative de santé et de solidarité du Sud de la Beauce, située à Saint-Prosper, aucune cessation de service n’est prévue à court terme. Le lavage d’oreille, le changement de pansement, les prélèvements sanguins et le retrait de points de suture et d’agrafes figurent parmi les principaux services offerts, en plus des consultations de Dr Marie-Josée Lantagne, médecin omnipraticienne.
« Nous sommes conscients des répercussions possibles [de la Loi 2]. On garde la tête froide en espérant des changements positifs au fil du temps. Notre coopérative, c’est une force donnant un sentiment d’appartenance à notre communauté. Nous comptons sur une petite équipe qui travaille bien. Le patient ne doit pas être pénalisé », mentionne Sonia Côté, directrice générale de la coopérative.
Au moment de mettre sous presse, les négociations étaient rompues entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le gouvernement provincial. Aucune date de reprise n’était fixée par les parties impliquées.
