Le Québec perd du terrain dans la production de sirop d’érable

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Par Frederic Desjardins
Le Québec perd du terrain dans la production de sirop d’érable
De 2004 à l’aujourd’hui, l’augmentation du nombre d’entailles exploitées a été de 17 % au Québec et 89 % aux États-Unis.

ACÉRICULTURE. > Une publication de l’Institut économique de Montréal (IDEM) critique sévèrement le système de production et mise en marché du sirop d’érable de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

Dans l’étude écrite par Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques à l’IDEM, il est mentionné que depuis 2003, le Québec a connu la plus faible croissance en production de toute l’Amérique du Nord, soit 60 %. La province se situe loin derrière le Maine (131 %), le Nouveau-Brunswick (179 %) et le Vermont (254 %).

Avec l’introduction des contingents de production en 2004, le nombre d’entailles exploitées au Québec a augmenté de 17 %, pendant qu’il passait à 89 % du côté américain. De plus, le rendement par entaille est généralement plus élevé à l’extérieur du Québec.

«Pendant que la FPAQ s’acharne sur les producteurs, ceux qui sont situés à l’extérieur de la province profitent de la stabilité des prix et d’un marché libre pour soutirer des parts de marché au Québec. Comble de l’ironie, ce sont souvent des producteurs qui ont quitté le Québec pour fuir les contraintes imposées par la FPAQ», souligne Alexandre Moreau.

Surplus

Selon l’auteur de l’étude, le Québec dispose d’une position de force en production, mais elle n’est pas une bonne indicatrice de ses réelles parts de marché.

«La FPAQ est aux prises avec d’importants surplus, faute de trouver des acheteurs. En 2017, cet inventaire représentait 64 % de la production annuelle du Québec, dont une part importante est constituée de sirop industriel ayant peu de débouchés sur le marché», précise M. Moreau.

Si les exportations de sirop québécois sont passées de 176 à 362 millions de dollars par année depuis 2000, l’IDEM a aussi observé une explosion des importations de sirop d’érable.

«Elles ont atteint 20 millions de dollars en 2016, la quasi-totalité provenant des États-Unis. Les producteurs américains ont doublé leurs exportations grâce au marché québécois depuis la mise en place du système de contingents», soutient Alexandre Moreau.

La part de la production mondiale de sirop d’érable détenue par le Québec est d’ailleurs passée de 82 % en 2003 à 72 % en 2017. «Cette part, qui augmentait constamment depuis le milieu des années 1970, a commencé à diminuer précisément avec les contingents», dit M. Moreau.

Redonner la liberté

Alors que le Québec exploite près de 50 % de son potentiel acéricole, comparativement à 5 % aux États-Unis, Alexandre Moreau estime qu’il faut redonner aux producteurs québécois la liberté de produire et vendre le sirop d’érable sans être soumis aux dictats de la FPAQ.

«Nos règles contraignantes nuisent aux producteurs d’ici. Les acériculteurs québécois qui cherchent à développer leur entreprise en dehors du régime s’exposent à des perquisitions, saisies et pénalités pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars», rappelle Alexandre Moreau.

La publication complète est disponible sur le idem.org.

La FPAQ réagira prochainement à cette étude.

Croissance en production par province et État depuis l’implantation des quotas au Québec (2003-2017)

Vermont + 254 %
New York + 201 %
Wisconsin + 188 %
Nouveau-Brunswick + 179 %
Pennsylvanie + 158%
New Hampshire + 139 %
Maine + 131 %
Ontario +  82 %
Québec +  60 %
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