Le Parti québécois vise une percée en Beauce
POLITIQUE. Le Parti québécois a choisi la Beauce pour tenir son caucus de la rentrée, du 28 au 30 janvier, au Georgesville. Selon son chef, Paul St-Pierre Plamondon, le projet souverainiste actuel rejoint les valeurs beauceronnes, notamment en alignant certains principes vers le centre droit.
« La Beauce est un endroit très entrepreneurial, fondé sur des compagnies exportant aux États-Unis. On veut que notre politique économique de défense des intérêts, chez les entreprises québécoises, soit alignée sur ce qui se fait ici. […] Nous voulons être la voie audible et forte pour ces entreprises, face à Donald Trump et ses tarifs douaniers », mentionne M. Plamondon.
Baisser l’imposition des PME, faciliter la diversification des exportations, alléger le fardeau réglementaire et administratif des entreprises : Paul St-Pierre Plamondon entend mettre ses connaissances des affaires au profit d’un développement économique contrôlé par et pour les québécois, dans un pays souverain.
« On aimerait être en plein contrôle de nos gestes à l’international. En ce moment, on apprend des choses à Davos ou en Chine, et personne ne semble considérer les impacts possibles sur nos entreprises québécoises », dénonce-t-il.
De son propre aveu, le PQ couperait dans le « bar ouvert » des subventions accordées aux multinationales. « Les vrais créateurs de richesse, pour le Québec, ce sont les compagnies québécoises ancrées ici, qui ne déménageront pas demain matin [dans un autre pays] », précise le chef péquiste.
Immigration
Dans sa plate-forme électorale, le PQ confirme une fixation des seuils d’immigration permanente à 35 000 personnes annuellement. L’immigration temporaire serait réduite de moitié, un plan critiqué par certains entrepreneurs face à une pénurie persistante de main-d’œuvre.
« On va octroyer des clauses grand-père à des immigrants temporaires, mais démontrant une intégration totale et voulant être partie prenante de nos activités économiques et sociales », indique Paul St-Pierre Plamondon, ajoutant que le Québec, et non Ottawa, devrait contrôler ses propres cibles en immigration.
Comment convaincre les immigrants permanents de s’installer en région, au lieu de se limiter aux grands centres urbains ? « Il n’y a aucune politique là-dessus en ce moment [au Parti québécois]. Nous devrons amener une approche intelligente, sur une base régionale et par secteur, pour assurer une continuité », dit le chef du PQ.
Évolution du discours
Au-delà de planifier les actions générales péquistes, en vue de la prochaine session parlementaire, Paul St-Pierre Plamondon a rencontré divers représentants de groupes régionaux, ainsi que des maires et entrepreneurs. Une mobilisation des membres beaucerons était aussi prévue le 29 janvier en soirée.
À part sous Adrien Ouellette, député péquiste dans Beauce-Nord de 1976 à 1985, le Parti québécois soulève peu de ferveur ici depuis sa création. Les électeurs de Beauce-Nord et Beauce-Sud ont voté, en majorité, contre la souveraineté aux référendums de 1980 et 1995. Aux élections provinciales en 2022, le PQ amassait seulement 5,9 % et 4 % dans ces deux circonscriptions.
« Le Parti québécois a évolué. En faisant nos devoirs avec intelligence et solidité, sur les questions économiques, ce discours parlera à des gens en Beauce. […] Ce sera le plus gros chantier de dégraissage de l’État dans notre histoire. Ça va déboucher sur la bonification des services et de l’allègement fiscal », conclut Paul St-Pierre Plamondon, pour qui le vrai adversaire en Beauce sera le Parti conservateur du Québec (PCQ) au scrutin du 5 octobre 2026.
