Pénurie de main-d’œuvre: le gouvernement reste sourd au cri du cœur de la Chaudière-Appalaches

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Par Andréanne Huot
Pénurie de main-d’œuvre: le gouvernement reste sourd au cri du cœur de la Chaudière-Appalaches
La plupart des entreprises manufacturières de Chaudière-Appalaches ont de la difficulté à pourvoir les postes vacants en usine. (Photo : (Photo L'Éclaireur Progrès - Archives))

ÉCONOMIE. Après une sortie médiatisée en novembre dernier, les élus de la Table régionale des élus municipaux de Chaudière-Appalaches (TREMCA), Chaudière-Appalache Économique (CAÉ), le Conseil Économique de Beauce (CEB) et les autres acteurs économiques de la région, dressent un constat alarmant de la pénurie de main-d’œuvre et sont peu optimistes pour les prochaines années.

» Ça ne bouge pas, on n’a pas de réponse. Oui, il y a des efforts qui sont faits, mais au niveau manufacturier, il n’y a rien « , indique d’entrée de jeu le maire de Saint-Georges, Claude Morin.

Les acteurs économiques et les maires des municipalités de Chaudière-Appalaches sont déçus que jusqu’à maintenant, les quatre solutions qu’ils ont proposées au gouvernement Legault soient restées lettre morte.

» Les quatre solutions qu’on propose sont faisables et ça va ramener du monde sur le plancher des entreprises « , ajoute M. Morin. Son collègue Philippe Mailloux, directeur général de CAÉ, souhaite » avoir un signal positif de la députation « .

Rappelons que le groupe a présenté en novembre quatre recommandations, soit l’amélioration de la fiscalité pour les travailleurs de 60 ans et plus, accélérer l’augmentation du bassin de main-d’œuvre, mettre en place des programmes adaptés pour les PME pour faciliter leur modernisation et trouver rapidement des solutions au problème de logement.

Selon la directrice générale du CEB, Hélène Latulippe, » rien n’a été fait pour le volet fabrication » des entreprises manufacturières de la région qui comptent pour 28 % du PIB (produit intérieur brut) manufacturier du Québec. » Le jour où ça va être avantageux pour les 60 ans et plus de retourner au travail ou de rester sur le marché du travail, on aurait des impacts immédiats sur le manque de main-d’œuvre « .

Rencontrer François Legault ?

 Au printemps, d’autres actions ont été posées par le groupe, dont une rencontre avec le caucus régional et le ministre responsable de la région, André Lamontagne, le 28 mars. Le 16 mai, une lettre a été acheminée au premier ministre François Legault afin de lui rappeler les quatre solutions mises de l’avant par les acteurs économiques de Chaudière-Appalaches, mais aussi pour demander une rencontre avec lui avant la fin de la session parlementaire.

Avec les élections à l’automne et le temps de remettre en branle le parlement, Claude Morin est pessimiste pour la suite des choses. » Je ne pense pas qu’on va se sortir la tête des nuages prochainement « . Hélène Latulippe renchérit : » C’est inquiétant. C’est rendu que les entreprises se volent de la main-d’œuvre. C’est la solidarité beauceronne qui va en prendre un coup « , déplore-t-elle.

D’ailleurs, de nombreuses entreprises sont » sur le bord de délocaliser leur production en raison du manque de main-d’œuvre. Ça va être dur de les ramener « , conclut le maire de Saint-Georges.

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