Consignaction: le déploiement se poursuit

RECYCLAGE. Après un départ chancelant, la mise en œuvre d’une nouvelle façon de faire en matière de récupération des contenants consignés dans la province évolue à un meilleur rythme depuis quelques mois, notamment dans la région, estime l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB).

Cette dernière est l’organisme de gestion désigné par le gouvernement (Recyc-Québec) pour gérer le système de consigne visant les contenants à remplissage unique et à remplissage multiple de boissons. Après un ralentissement dans l’établissement de point de service, des lieux de retour « Zone Consignaction » ont récemment ouvert à Saint-Henri et Sainte-Justine, tandis que d’autres seront bientôt modernisés pour rendre l’expérience davantage attrayante pour le citoyen, explique M. Jean-François Lefort, vice-président stratégie chez Consignaction, emblème de la consigne au Québec.

« Ce type de zone Consignaction est ce qui est davantage visible en Chaudière-Appalaches. Pour ce type d’endroits, la responsabilité du fonctionnement incombe aux détaillants à qui nous fournissons l’équipement, contrairement aux Consignaction et Consignaction + où nous sommes davantage responsables. Notre mandat à nous est de livrer l’équipement et le détaillant est celui qui l’opère », résume-t-il.

Il ajoute que les emplacements appelés simplement « Consignaction », espaces de type boutique permettant à la fois le retour de contenants à l’unité et celui par sacs de contenants non triés, sont davantage situés sur la route 173, notamment à Saint-Georges, Sainte-Marie et Saint-Lambert.

Avec une quinzaine de zones dans Bellechasse, près d’une vingtaine en Beauce, en plus des zones Consignaction et Consignaction +, M. Lefort estime que l’offre s’est passablement améliorée avec le temps. « L’idée est que 90 % de la population soit à moins de 15 minutes de route de sa résidence. Il fallait s’installer sur le parcours de magasinage des citoyens, ce que nous avons réussi à faire jusqu’à maintenant », estime-t-il.

Encore des ajustements

M. Lefort estime que l’organisation a accompli beaucoup en peu de temps et que la façon de faire de Consignaction est la plus évoluée au monde. « Il faut se rappeler que le premier employé est arrivé à la fin de février 2023. Le premier lieu de retour a été ouvert en avril 2024 et le premier détaillant modernisé en mars 2025. Aujourd’hui, plus de 300 sites combinés sont en opération et en juillet dernier, 2,3 millions de personnes avaient visité des infrastructures modernisées. Nous sommes à un taux de récupération de 81 % pour 2026, une augmentation de 9 % sur l’année précédente. »

Il convient que le déploiement n’est pas encore complet et que de nombreux irritants persistent. Il admet aussi que la démarche de retour des contenants consignés est plus périlleuse qu’avant pour certaines personnes, particulièrement en ruralité. « Dans une région comme Chaudière-Appalaches, où on a plusieurs lieux dispersés, nous avons des détaillants volontaires et cette partie est en évolution », assure-t-il.

Mis au fait que des irritants se produisent occasionnellement dans les petits milieux, il ajoute que ce sont des exceptions malgré tout. « C’est assurément une frustration de ne pas réussir à retourner les contenants. Des lieux de retour sont toujours à moderniser et d’autres détaillants pourraient éventuellement s’ajouter au groupe. La démarche inclut toutefois d’autres aspects, dont l’application mobile et des remboursements rapides. Il y a un intérêt grandissant pour le retour express, notamment. »

Il maintient que moderniser la consigne était une bonne idée, même si la démarche a pour conséquence de diminuer le nombre de lieux de retours potentiels. « Le gouvernement souhaite passer de deux milliards de contenants sous consigne annuellement, incluant les canettes et les bouteilles, à cinq milliards de contenants, ce qui inclut tout le plastique, l’aluminium et, au 1er mars 2027, les bouteilles de vin, les spiritueux et les cartons multicouches comme le lait ou les jus. De penser que cela aura pu être géré dans les entrepôts des détaillants était impensable », soutient-il.

Il estime malgré tout que le public est au rendez-vous. « À 81 % de taux de récupération en 2026 et à 72 % l’an dernier, on le voit. C’est une transition et c’est pourquoi nous arrivons avec un concept modernisé et des détaillants volontaires. On travaille pour être accessible et déranger le moins possible », assure M. Lefort en terminant.