Château Beauce: le compte à rebours est lancé
SAINTE-MARIE. Ça y est, ce mardi 26 mai, Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications, a donné un ultimatum. Si dans deux semaines, personne ne s’est montré intéressé à prendre en main le couvent des Oblates de Béthanie, dit « Château Beauce », l’endroit perdra son titre patrimonial.
« Nous sommes à l’heure des décisions. C’est un élément important de notre patrimoine, mais c’est un élément en danger et personne n’est en mesure d’en assurer l’avenir. La Société (Société Alzheimer Chaudière-Appalaches, qui en a la gestion) n’a pas les ressources, personne n’a levé la main avec un projet sérieux et la municipalité n’a pas d’intérêt à le préserver. […] C’est le moment où jamais de lever la main », a déclaré M. le ministre.
De plus, celui-ci a soulevé qu’il souhaiterait ardemment ne pas avoir à signer l’avis de déclassement, mais le gouvernement du Québec ne peut pas en assumer seul la responsabilité.
« Nous sommes à la croisée des chemins. Déclasser est une décision lourde de sens, mais c’est intenable pour la Société. Il faut faire preuve de gros bon sens. […] On donne une dernière chance au Château Beauce. »
Luc Provençal, député de Beauce-Nord, a pour sa part indiqué que si des gens étaient intéressés, il les aurait probablement déjà rencontrés. Qui plus est, il est d’avis que le gouvernement a toujours répondu présent pour les projets « crédibles », tandis qu’il sait que la communauté beauceronne est toujours prête à réaliser des projets lorsqu’elle en voit le potentiel.
Du côté de la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches, la directrice générale Sonia Nadeau a laissé entendre que l’éventuelle personne intéressée devait s’attendre à débourser plusieurs millions de dollars pour remettre le bâtiment en état, refaire l’électricité, retirer l’amiante de ses murs… le tout, en suivant la réglementation de la Ville de Sainte-Marie en zone inondable.
« On voit une lueur d’espoir. On veut une solution gagnante pour tout le monde, mais on veut surtout retourner à notre mission principale », a-t-elle soufflé.
On se souviendra que le 12 septembre dernier, un avis d’intention de déclassement des lieux venu du ministère donnait 60 jours à toute personne souhaitant réaliser des représentations contre le déclassement pour se faire entendre, après quoi le ministère avait 30 jours pour officialiser sa décision. À cela, le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) et Action patrimoine avaient tenté de rappeler au gouvernement l’importance de l’endroit construit en 1904 sur le plan patrimonial.
