Les commerces durement touchés

Eric Gourde 

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Les commerces durement touchés
Gilbert Brochu est le directeur des Galeries de la Chaudière. (Photo : Beauce Média - Éric Gourde)

Sans surprise, les commerçants de la région sont durement touchés par le climat actuel, certains ayant été fermés lors des plus récentes annonces gouvernementales. Ceux toujours en opération sont touchés de façons plus modestes, mais doivent composer avec une baisse évidente de leur achalandage.

Si une baisse était prévisible après la période des Fêtes, les commerces essaient tant bien que mal de conserver un certain roulement, explique Gilbert Brochu, directeur des Galeries de la Chaudière à Sainte-Marie, où les commerces sont au cœur d’une vente-trottoir, une activité qui est devenue une tradition avec le temps.

« À partir du Boxing Day, il y a eu une coupure certaine. Il est vrai que le Black Friday a de plus en plus d’impact sur le magasinage des Fêtes, sauf que la situation présente montre beaucoup plus de cas positifs, observe-t-il. L’achalandage n’est évidemment pas le même que les années passées en ce début de nouvelle année pour plusieurs raisons. La principale est assurément reliée à la pandémie. Il y a davantage de cas positifs, même si le virus semble moins sévère. Il y a davantage de gens qui doivent s’isoler et les gens sont davantage prudents. »

Selon M. Brochu, les gens qui n’ont pas à sortir sortent moins qu’avant. « Les personnes âgées de 50 ans et plus sortent parce qu’elles doivent le faire et non comme en 2019 pour rencontrer des gens et prendre un café, par exemple. Ils sortent une fois et règlent plusieurs choses en même temps. »

Parmi les commerçants du centre commercial, Chantal Bédard de la boutique Fémini observe que les choses se déroulent tout de même de manière adéquate. « Les gens sont inquiets et ont hâte de voir où on s’en va. Des gens ne viennent pas parce qu’ils ont possiblement peur que la boutique soit pleine. La mutation de la clientèle va quand même assez bien avec celles et ceux qui se présentent, malgré l’espace que l’on a. Le fait que l’on soit en vente-trottoir nous montre aussi que les gens qui viennent ont un besoin et achètent. »

Dans ce contexte, Gilbert Bolduc illustre à nouveau sa crainte de voir les gens délaisser les commerces locaux un certain temps, au profit des Amazon et autres plateformes d’achat en ligne, si la situation devait se prolonger un certain temps. Il précise toutefois qu’aucun commerçant n’a demandé d’allègement financier pour l’instant.

« Les commerces sont ouverts et aux heures normales. Il peut arriver que certains doivent réduire leurs opérations puisque des membres du personnel doivent s’absenter un certain temps en raison de la Covid ou la fermeture d’une garderie, par exemple. Nous ne sommes pas fermés et les subventions gouvernementales ont aussi comblé des besoins dans le passé. Nos tarifs ne sont pas les mêmes qu’en ville, non plus », précise-t-il.

La Chambre de commerce préoccupée

Les récentes fermetures de commerces risquent de causer d’autres perturbations dans l’évolution de certaines entreprises de la région, estime Nancy Labbé, directrice générale de la Chambre de commerce et d’industries de la Nouvelle-Beauce. L’absence de préavis en a également fait sourciller plusieurs.

«  Nos entreprises touchées directement ont de nouveau été dans l’obligation de mettre une main d’œuvre (rare à la base), en arrêt de travail. Cette main d’œuvre sera-t-elle au rendez-vous lors de la réouverture de nos salles à manger ou de nos gyms ? On l’espère mais il y a de fortes chances que plusieurs travailleurs aient pris la décision de changer d’orientation.  Ce sont nos plus petits commerces qui sont de nouveau pénalisés  », illustre-t-elle.

Mme Labbé fait maintenant partie des interlocuteurs qui se demandent quand pourrons-nous apprendre à vivre avec le virus. «  Il est clair que notre système de santé n’est pas habileté à faire face à cette pandémie. Est-ce que nous pourrions mettre de l’avant des mesures nous permettant d’améliorer notre système de santé afin de le rendre plus performant ?  La santé économique de nos plus petits commerces et la santé mentale de la population en dépend. « 

Elle se console en constatant l’ouverture du gouvernement à mobiliser les entreprises pour la vaccination de la troisième dose, la réduction de la période d’isolement, dans le contexte de la pénurie de main d’œuvre, et espère maintenant des avancées vers l’autodépistage. «  Il faudra miser sur la distribution d’un grand nombre de tests rapides en entreprises  », selon elle.

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