L’histoire de Rémi Baillargeon: Temps durs, temps doux pour le père du Golf Dorchester

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Par Hubert Lapointe
L’histoire de Rémi Baillargeon: Temps durs, temps doux pour le père du Golf Dorchester
Rémi Baillargeon. (Photo : Beauce Média - Hubert Lapointe)

Le samedi 11 décembre dernier était le jour du 90e anniversaire de naissance de Rémi Baillargeon de Frampton. « À 1900 miles au nord de Miami Beach! », sourit-il. Des adversités, il en a rencontré plusieurs, mais il a toujours su conserver son côté moqueur tout au long de sa vie.

Rémi Baillargeon a été le benjamin d’une famille de cinq enfants, ceci né du deuxième mariage de son père. En raison de la situation familiale, il n’a jamais mis les pieds dans une école. Son père étant agriculteur, il était de tradition à l’époque que le plus jeune garçon hériterait de la terre familiale, mais ce n’est pas ce qui s’est produit. « Tu n’auras pas d’aide de moi dans la vie. Tu t’arrangeras tout seul », lui avait dit son père. Il avait 9 ans.

Dégoûté par aussi peu de considération paternelle, il quitte le nid à l’âge de 15 ans. « C’était presque une question de vie ou de mort », se souvient-il. Peu de temps après, il part travailler en Ontario pour devenir opérateur de hauts fourneaux, avant d’aller dans une mine à 2000 pieds sous terre. À cause des explosions, il deviendra sourd de l’oreille gauche, en plus de devoir apprendre à vivre avec des problèmes d’équilibre.

Entretemps, soit le 30 juin 1954, il se marie à Marie-Claire Gagné de Sainte-Marguerite, laquelle avait 13 frères et sœurs. Quelques années plus tard, alors qu’il prenait une marche, Rémi Baillargeon voit une ferme à vendre à un très bon prix. Son épouse ne désirant pas déménager en Ontario, il n’achètera pas la ferme, mais il reviendra au bercail pour acheter une terre directement à Frampton. « Avec une ferme, tu n’es jamais dans la misère. Tu as des patates, de la viande, des œufs… », disait sa femme.

À son retour dans la région, Rémi Baillargeon fait également un constat intéressant: son père le respecte dorénavant, car il avait appris l’anglais. « La vie m’a apporté des connaissances auxquelles je n’aurais jamais pensé », a-t-il lancé. Durant la même période, il deviendra en outre commissaire-priseur comme son père et criera des encans pendant une quinzaine d’années.

En août 1970, en voyant qu’il y a de nombreux adeptes de golf dans la région et très peu d’endroits pour y jouer, il débute l’aménagement de ce qui deviendra le Club de Golf Dorchester. « Tu n’es pas assez intelligent pour construire un golf », lui disait-on. « Laissez-moi aller », répondait-il.

En juillet 1973, alors qu’il se rendait à Toronto pour le mariage de sa nièce avec un de ses beaux-frères, un chien blessé attire l’attention d’automobilistes. Un camionneur, cherchant à éviter la collision avec le groupe de curieux, terminera sa course en mise en portefeuille pour frapper les deux hommes qui arrivaient dans la voie inverse. Son beau-frère est tué sur le coup. Lui survivra, après 10 jours dans le coma, un bras en morceaux et la perte de 21 % de ses capacités.

Quant au couple, même si tel était son souhait, il n’a jamais réussi à avoir d’enfant. Ils restèrent néanmoins liés par les liens sacrés jusqu’au décès de Mme Gagné il y a sept ans.

Aujourd’hui résident du Château Sainte-Marie, M. Baillargeon s’amuse à répertorier ses blagues préférées dans différents cahiers; 11 à ce jour. On l’appelait même « le conteur d’histoires » avant la pandémie. « Je suis un curieux de phénomène! »

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