Gabriel Turmel: d’une ferme laitière à la sécurité nationale

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Par Hubert Lapointe
Gabriel Turmel: d’une ferme laitière à la sécurité nationale
Gabriel Turmel est analyste des politiques de sécurité nationale pour Sécurité publique Canada. (Photo : gracieuseté)

SAINTS-ANGES. Passionné d’histoire, d’astronomie et de politique, sportif, allumé… Gabriel Turmel était un élève modèle. En 2010, alors qu’il était en secondaire 4 à l’École secondaire Veilleux de Saint-Joseph, tout passe à un cheveu de s’écrouler lorsqu’une embardée en VTT lui brise une partie de sa colonne vertébrale. Les médecins étaient pessimistes, mais la vie allait lui donner une seconde chance…

« Sur la table d’opération, mes chances de survie étaient minces, et les risques de rester paralysé étaient très élevés. Aujourd’hui, je n’ai pas de contraintes physiques. C’est comme une deuxième chance. Je devais la saisir », a raconté Gabriel Turmel.

C’est ainsi qu’après avoir quitté la ferme laitière et porcine du 4e rang de Saints-Anges, il a réalisé un baccalauréat en Histoire de même qu’une maîtrise en Sécurité internationale. Il espère également entreprendre un doctorat au mois de janvier. Aujourd’hui âgé de 27 ans, il partage son temps entre Québec et Ottawa en tant qu’analyste des politiques de sécurité nationale pour Sécurité publique Canada.

Tel qu’il l’a expliqué, son ministère englobe la GRC (Gendarmerie royale du Canada), le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité), ainsi que le service frontalier. En d’autres mots, son travail rassemble tout ce qui concerne la sécurité de la population canadienne: catastrophe naturelle, attaque terroriste, détournement de moyens de transport, fuite de gaz, etc. De plus, il ne doit jamais oublier qu’une sécheresse (par exemple) pourrait mener à des pénuries alimentaires, qui elles pourraient conduire à des émeutes.

« On met en place des stratégies pour identifier les lacunes du système. […] Tous les jours, on éteint 1000 feux, mais la population ne s’en rend pas nécessairement compte parce que les dossiers sont classés ultrasecrets », dit-il, en ajoutant que la confidentialité permet d’éviter que certains individus malintentionnés s’inspirent et reproduisent des situations dangereuses. « Il y a une fierté qui se dégage de travailler pour la sécurité nationale. Je touche à tout et j’ai le sentiment de faire une différence. […] Pour moi, c’est le grand cadre qui englobe la société. Il n’y a pas d’économie sans sécurité! »

Atteindre ses objectifs

Gabriel Turmel connaît sa chance d’avoir grandi avec une mère qui lui a transmis son amour de la lecture et un père qui lui a enseigné l’importance du travail acharné. En accordant beaucoup d’efforts à ses études, il a pu mettre la main sur plusieurs méritas et même une bourse, ce qui lui a permis de réaliser son fort potentiel pour les Sciences sociales en général. « Il y a quelque chose à faire avec ça… », s’était-il dit.

Ce faisant, M. Turmel croit que les jeunes doivent instaurer ce qu’il appelle une « culture de l’apprentissage » dans leurs divertissements: remplacer les téléréalités par des documentaires, changer le temps passé sur Facebook par du temps de lecture et garder l’esprit ouvert.

Enfin, quelle que soit la spécialité, il considère que le plus important est de savoir s’investir pour réussir. « Il faut y mettre du temps, ne pas hésiter à faire du bénévolat (pour élargir son réseau!) et ne pas avoir honte du domaine qu’on aime. Il y a des gens qui sont gênés de “sortir de la track”, mais tous les domaines sont bons. Il faut s’encourager les uns, les autres. Peu importe ce que t’aimes, il y a de la job là-dedans! »

 

* En collaboration avec Jeannyl Gilbert.

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Diane
Diane
6 jours

Vraiment inspirant ce jeune homme