Karine Laprise: on lui exige une accréditation… qui n’existe pas!

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Par Hubert Lapointe
Karine Laprise: on lui exige une accréditation… qui n’existe pas!
Karine Laprise. (Photo : gracieuseté)

SANTÉ. De par son entreprise Les Services Karine Laprise, Mme Laprise offre notamment de l’aide à domicile aux aînées. À ce titre, depuis plus 3 ans, elle est le renfort du CLSC de Sainte-Marie lorsque la main-d’œuvre vient à manquer.  En avril toutefois, le gouvernement du Québec a statué que les entreprises privées qui sont embauchées par l’État doivent obligatoirement être accréditées. Six mois plus tard, le processus d’accréditation n’a vraisemblablement pas encore été mis sur pied.

« Ils n’ont plus le droit de m’engager parce que je ne fais pas partie de leur liste », a résumé Karine Laprise. Toutefois, elle ignore comment s’y retrouver. En attendant, le CLSC lui a envoyé un lien afin qu’elle puisse postuler sur des appels d’offres, mais ce qu’elle qualifie « d’appels spontanés » n’existent plus.

« Ça fait longtemps que je travaille avec l’équipe du député provincial (Luc Provençal). Ils travaillent très fort, mais ils ont les mains liées. […] Je comprends que le gouvernement veut protéger les personnes âgées et j’en suis très heureuse, mais en 3 ans, j’ai fait mes preuves! On veut que les aînés restent à domicile, mais s’il n’y a personne pour y aller, qu’est-ce qu’on va faire? Je suis en train de tomber », est-elle anxieuse.

Dans le même ordre d’idées, Karine Laprise a réalisé beaucoup d’accompagnements de fin de vie pour des personnes qui n’avaient pas de famille (ou aucune à proximité). « S’il n’y a personne, les gens ne pourront plus mourir chez eux? Ils travaillent dur au CLSC, ils sont hot, mais c’est malheureux qu’ils ne puissent pas m’engager lorsqu’ils manquent de personnels! […] Je l’ai, j’aime ça. Est-ce que je peux rencontrer quelqu’un? Les infirmières ont des feuilles de temps à remplir pour être accréditées. Donnez-moi ça, je vais le faire. »

Ainsi, depuis les six derniers mois, Karine Laprise a vu ses revenus diminuer drastiquement. Elle a même été contrainte de commencer à dégarnir le maigre coussin qu’elle avait réussi à constituer dans le but d’acquérir un jour sa propre résidence pour personnes âgées.

En attendant d’avoir enfin une réponse, et désireuse de continuer à aider comme elle peut, la Beauceronne entend offrir des conférences qui viseront à outiller les familles. « S’il n’y a personne pour faire le travail, il va falloir que les gens le fassent… »

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