Matières résiduelles: la MRC Robert-Cliche rejetterait le tri robotisé

Eric -Gourde
redaction@beaucemedia.ca

Matières résiduelles: la MRC Robert-Cliche rejetterait le tri robotisé
Des bacs bruns feront inévitablement leur apparition dans quelques localités en Beauce. (Photo : - Natercia)

ORDURES. Il semble de plus en plus évident que la MRC Robert-Cliche n’ira pas de l’avant avec l’option du tri robotisé pour la récupération et le traitement de ses matières organiques (compostage).

La MRC a adopté des résolutions pour que soient lancées des demandes de subventions pour l’achat de composteurs domestiques pour la partie rurale de la MRC et pour l’achat de bacs bruns pour les périmètres urbains des localités de Beauceville, Saint-Joseph, Saint-Victor et Saint-Odilon. Les milieux ruraux de ces municipalités seront aussi munis de composteurs domestiques.

Pour le préfet de la MRC Robert-Cliche et maire de Saint-Victor, Jonathan V. Bolduc, l’heure est toujours à l’étude des différentes options sur la table. « Nous avons eu des discussions avec la MRC de La Nouvelle-Beauce, qui est notre partenaire depuis longtemps pour l’enfouissement. Eux, ont toutefois choisi le tri robotisé et on hésite à s’embarquer dans ce type de démarche, surtout que peu d’entités l’ont choisi et on ne veut pas jouer au casino avec l’argent de nos populations. »

La MRC Robert-Cliche a récemment demandé à sa voisine une offre à taux fixe de cinq ans pour l’élimination de ses déchets uniquement. « Jusqu’à tout récemment, la MRC de La Nouvelle-Beauce incluait le tri robotisé dans son prix. Il nous reste des réponses à connaitre avant de faire un choix. Ils le savent que l’option du tri robotisé ne nous enchante pas, car nos réalités respectives sont différentes », ajoute M. Bolduc.

Un territoire surtout rural

L’évaluation des coûts pour les localités de la MRC Robert-Cliche a pris un certain temps, étant donné les différentes réalités sur le terrain. Les normes environnementales du gouvernement sont différentes pour les plus petites municipalités. Saint-Joseph-des-Érables, Saint-Jules, Saint-Séverin, Saint-Alfred et Saint-Frédéric, n’atteignent pas les 220 unités d’occupation en milieu urbain cités dans la loi, précise M. Bolduc. « La collecte du troisième bac serait terriblement dispendieuse, car il n’y a pas de densité suffisante de population. Les secteurs plus urbains, ce n’est pas la même chose, alors on choisira bientôt. »

On fait aussi valoir que Tring-Jonction a une configuration particulière, ses unités d’occupation étant à plus de 90 % dans son périmètre urbain, comparativement à Saint-Frédéric où plusieurs se retrouvent dans les rangs, à titre d’exemple. Cette localité a d’ailleurs fait le choix d’avoir des bacs bruns partout l’an dernier. « Nous connaissons les coûts de l’implantation des bacs bruns à Tring-Jonction, mais pas ceux du tri robotisé de la MRC de La Nouvelle-Beauce, car on ne connait pas encore les impacts de l’acquisition des équipements et la construction du bâtiment dédié à cet effet. Il est important de connaitre ce genre de choses », poursuit M. Bolduc.

Directeur général de la MRC, Jacques Bussières convient que le taux de rendement d’un composteur domestique n’est pas le même qu’un bac brun. « Le tonnage de matières détournées risque d’être moindre, mais la différence de gain de productivité versus le coût d’une troisième collecte, pour l’ensemble de la MRC, n’est pas comparable. »

Si les MRC de La Nouvelle-Beauce et de Bellechasse ont choisi le tri robotisé pour le traitement de leurs matières organiques, la MRC Beauce-Sartigan et la Régie intermunicipale du comté de Beauce-Sud traiteront la matière organique par le biais d’une nouvelle technologie de bio séchage, et ce, à même les ordures ménagères. La Politique québécoise de gestion des matières résiduelles impose aux municipalités de réduire la quantité de matières organiques envoyées aux sites d’enfouissement d’ici 2025.

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