Pénurie de main-d’œuvre: plusieurs questions demeurent sans réponses

Pénurie de main-d’œuvre: plusieurs questions demeurent sans réponses
Les besoins sont immédiats. (Photo : Deposit photo - O Osman)

AFFAIRES. La Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce (CCINB), au nom de dizaines d’entrepreneurs de la région, demande aux gouvernements fédéral et provincial de répondre aux nombreuses interrogations qui subsistent à la suite du lancement du projet pilote du Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui doit apporter des assouplissements, mais qui demeure nébuleux dans son application.

Notamment, la CCINB se questionne sur le moment auquel le programme sera effectif, les secteurs qui seront touchés, les régions qui seront priorisées, les délais de traitement, ou encore l’augmentation de 10 à 20 % du seuil de demandes du nombre de travailleurs à obtenir.

« Nous constatons un manque de données et de vision commune afin de quantifier les besoins de main-d’œuvre immigrante et la capacité d’intégration de chacune des régions. La mise en place d’un tableau de bord public dont les balises font consensus permettrait de réduire considérablement l’inquiétude qui entoure le présent débat », a affirmé Chantal Gravel, présidente de la Chambre.

À son avis, il y a plusieurs enjeux importants sur lesquels le Québec et le gouvernement fédéral doivent se pencher pour en arriver à une solution immédiate et efficace, tout en s’assurant que les mesures soient pérennes pour les entreprises qui vivent la même crise année après année. Le nombre de métiers en pénurie de main-d’œuvre actuelle et projetée a explosé dans les dernières années, alors que les Québécois sont de plus en plus nombreux à prendre leur retraite, sans pouvoir être remplacés. Le retour du balancier entre la main-d’œuvre disponible et les offres d’emploi n’est pas prévu avant 2030.

« Nous avons tous vu venir la situation. Aujourd’hui nous sommes dans une impasse et l’urgence a sonné », a appuyé Nancy Labbé, directrice générale de la CCINB.

La Fédération des chambres de Commerce du Québec (FCCQ) a publié, le 3 août dernier, des résultats d’une étude réalisée auprès de ses membres qui met en lumière le fait que 86 % des entreprises québécoises estiment être en situation de rareté de main-d’œuvre. Entre autres, certains commerces doivent diminuer leurs heures d’ouverture, plusieurs restaurateurs doivent refuser des clients, et de nombreux manufacturiers diminuent leur production.

« On ne parle plus de pénurie, mais bien d’une crise de la main-d’œuvre. Les besoins sont immédiats. Les prochains mois seront cruciaux et il faut apporter des solutions viables et durables rapidement. »

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