Musée de l’aviation: l’avion du bénévolat vient d’atterrir pour Pauline Vachon et Gérard Lacasse

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Par Hubert Lapointe
Musée de l’aviation: l’avion du bénévolat vient d’atterrir pour Pauline Vachon et Gérard Lacasse
Pauline Vachon et Gérard Lacasse. (Photo : Beauce Média - Hubert Lapointe)

SAINTE-MARIE. Après respectivement 26 et 28 années de loyaux services, il est temps pour Pauline Vachon et Gérard Lacasse, deux piliers du Musée de l’aviation de Sainte-Marie, de laisser leur place. Leur dernière assemblée générale a eu lieu le mercredi 11 août dernier.

« Ce n’est pas parce que je n’ai plus de rêves. C’est un deuil, mon lâcher-prise n’est pas encore fait au complet, mais j’ai eu 81 ans et c’est un âge raisonnable pour arrêter et avoir du bon temps. Ça va être un renouvellement pour tout le monde, mais on va rester dans l’ombre », a soufflé Pauline Vachon.

Quant à M. Lacasse, également âgé de 81 ans, c’est surtout pour des raisons de santé qu’il prend sa « deuxième retraite ». « J’ai toujours été fidèle à la mission de la Société historique et je suis fier de cette bâtisse-là et de ce qu’il y a dedans », dit-il.

Pauline Vachon et Gérard Lacasse.

Une histoire d’amour

Pour l’un comme pour l’autre, tout a commencé par un échange plus que convaincant avec un certain Eugène Cliche. « Il avait la flamme, et il m’en a donné un peu de la flamme », sourit-il.

« Il nous a vendu sa salade et on a embarqué. Il était une bougie d’allumage. […] On a vu les ambitions de ceux qui étaient là, on a attrapé leurs rêves et on a essayé de les mener au plus loin. On a grossi le musée et avec les années, on peut quasiment dire: “Mission accomplie.” On a travaillé un coup! », d’ajouter Mme Vachon.

La tête pleine d’anecdotes, le duo se souvient des débuts du musée avec l’aménagement de deux chambres (et deux autres par la suite) de la Maison Dupuis en salons d’exposition en l’honneur de sept pilotes de la région, du vieux hangar qui servait à entreposer les voitures pendant l’hiver devenu un musée en 2010 (après des années de demandes de subventions infructueuses), des activités de financement telles que « La bouchée de tire » dans le Parc Taschereau et « La plantation du Mai » (qui consistait à planter un arbre dans la rivière pendant l’hiver et à parier sur le moment où il s’écroulerait au printemps), et surtout, des aventures rocambolesques des pilotes mariverains qui ont pratiquement défriché le ciel québécois.

« Je suis venu pour deux ans et j’en suis resté 26. Une fois que tu es embarqué, tu n’as pas envie de débarquer avant que ce soit réalisé. Ça nous éclaire, ça nous habite », a-t-elle prononcé, en soulignant que l’établissement est le seul musée de l’aviation francophone au Canada. Naturellement, elle invite toute la population à venir le visiter.

 Un goût amer

Si un élément reste inachevé pour les deux bénévoles, c’est le manque de visibilité de l’endroit. « J’ai l’impression que le musée n’est pas vraiment reconnu par la Ville de Sainte-Marie. Je ne sens pas que le musée est le bienvenu. Et chez Tourisme Sainte-Marie, on n’est pas là! », est déçu M. Lacasse.

« Il y a beaucoup de gens qui aiment l’Histoire, mais il faut se défendre tout seul. J’espère que les gens qui vont nous remplacer vont se battre », d’appuyer Mme Vachon.

Par ailleurs, la Maison Dupuis, construite en 1892, est actuellement en très mauvais état. Les deux collègues s’accordent pour dire qu’elle doit absolument être conservée et qu’une nouvelle vocation doit nécessairement lui être donnée. Un autre mandat qu’ils laissent à la prochaine génération…

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