Un restaurateur livre ses états d’âme

Eric Gourde  redaction@beaucemedia.ca

Un restaurateur livre ses états d’âme
Giovanni Périard est propriétaire du restaurant l'Introuvable à Vallée-Jonction. (Photo : Beauce Média - Éric Gourde)

Si la région est aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, d’autres difficultés se pointent pour certains entrepreneurs de la région. Cette fois-ci, ce sont la disponibilité de certains items et la qualité du service qui est en jeu.

Propriétaire du restaurant l’Introuvable à Vallée-Jonction, Giovanni Périard a livré certains de ses états d’âme sur les réseaux sociaux la semaine dernière, disant vouloir conscientiser les gens et espérer davantage d’indulgence de sa clientèle, surtout que les restaurateurs ont été durement touchés par la pandémie et que celui-ci n’est en opération que depuis quelques semaines.

« Il faut que les gens lisent entre les lignes. Il y a une pénurie de main-d’œuvre. Nous sommes en opération depuis un mois et mon but est de créer un incontournable dans le coin avec une carte gastronomique. C’est un niveau de difficulté très élevé et ça demande du temps pour roder tout ça, car on le fait avec des gens qui n’ont aucune expérience », explique-t-il, avouant avoir eu des commentaires semblables d’autres restaurateurs et même de propriétaires de commerces de détail qui vivent des situations semblables.

M. Périard est heureux du succès que connait son commerce depuis son ouverture, sauf qu’il reconnait que tout n’est pas parfait dans son message. « Nous avons été très occupés depuis l’ouverture et j’ai dû afficher complet plusieurs soirs, même s’il nous restait des tables à l’intérieur, par manque de personnel. Nous l’avons échappé certains soirs et en mon sens, c’est normal, sauf que certaines personnes ont tenu des propos durs envers nous, même si j’explique toujours aux gens à leur arrivée le contexte avec lequel on doit composer. »

Des façons de faire

M. Périard se dit ouvert aux critiques dites légitimes. Celles qui sont faites de manière gratuite et derrière un clavier sont davantage nocives et ne tiennent pas compte de différents contextes, observe-t-il. « Ça a été difficile à notre première semaine. Après deux, c’était déjà mieux. Si dans six mois, je ne donne pas le service auquel les gens s’attendent, à ce moment-là, je me regarderai dans le miroir. Pour l’instant, il y a un faible pourcentage qui commente sur les réseaux sociaux, sans connaitre les raisons qui expliquent certains ratés. »

Selon lui, un autre problème guette les commerçants pour leur recrutement et la rétention du personnel dans un avenir rapproché. L’attitude et la sévérité de la clientèle sur les services offerts. Une partie des gens n’a pas d’empathie ou ne comprend pas la réalité vécue par les commerçants selon lui. « Je vois certaines personnes à l’épicerie et la manière dont ils se comportent. Elles ne font pas la file ou sont impolies avec le personnel et critiquent sans cesse, sans connaitre certaines implications. »

Ne pas se présenter dans un restaurant, lorsqu’une réservation a pourtant été faite, ou ne pas recevoir une personne qui avait un rendez-vous, sont des exemples de petites choses qui peuvent mettre un commerce en péril, illustre-t-il. « On ne réserve pas une table au restaurant seulement que pour être certain d’avoir sa place mais avant tout pour informer notre hôte qu’il doit planifier le nécessaire pour bien accueillir et servir chaque table en ayant le nombre de personnel nécessaire et la bonne mise en place côté nourriture. »

Il espère maintenant que sa sortie soit reçue comme une critique constructive, surtout à son commerce qui a besoin de temps pour façonner son identité. « Ici je veux faire quelquechose d’unique, une expérience. Nous serons sur la coche un jour. Nous allons nous améliorer, sauf qu’il faut que je forme mon personnel pour qu’il performe et agisse selon l’identité du commerce. Dans bien des cas, ce sont des jeunes qui expérimentent le marché du travail pour la première fois. Nous sommes une école d’hôtellerie ni plus ni moins. Faire des professionnels avec ces jeunes demande du temps, car ils n’ont pas l’expérience requise. »

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Maryo Larouche
Maryo Larouche
1 mois

Bravo Giovanni! Je connais ton éthique et ton professionnalisme et je sais que tu sera à la hauteur et même davantage! Amitié Maryo

patricia legault
patricia legault
1 mois

Je suis allée et le service et les plats servis impeccables!!! je n’avait pas aussi bien mangé depuis longtemps! Bravo! Et surtout lâchez pas car on est en pénurie de bon resto aussi!!!

Nathalie
Nathalie
1 mois

Avant la pandémie, ce restaurant avait la réputation d’être très long dans son service. Prendre moins de clients pour se roder avec le manque de personnel serait de mise pour lui au lieu de pleurnicher dans les médias. Il est vrai que ça lui fait de la publicité gratuite.

Jean
Jean
1 mois
Répondre à  Nathalie

Bonjour Mme. Nathalie, il n’a pas pleurniché mais donné une réponse à un journaliste. La publicité que son resto a provient des gens satisfaits, vos propos détonnent avec ceux qui aiment le nouvel Introuvable. Cette publication n’est pas une publicité mais un état de la situation que vivent les commerçants. Vous aimeriez vous ouvrir un restaurant par les temps qui courent? De quoi êtes-vous jalouse? Facile de donner des opinions gratuites derrière un clavier, j’en sais quelque chose je suis en train de le faire, mais avec classe!

Nathalie
Nathalie
1 mois
Répondre à  Jean

J’ai lu ses états d’âme sur Facebook. Il écrit bien avec classe lui aussi. Aucune jalousie. Je me rappelle tellement d’un souper échappé par lui et son équipe. avant la pandémie lorsque nous étions tous attablés. Aucune excuse. Aucun rabais. Rien.
J’ai donné comme solution de prendre moins de clients pour qu’il puisse s’aider et aider son équipe à ne pas l’échapper.
Il y a des restaurants qui fonctionnent à menus réduits certains moments. Il y a des hôtels qui ferment carrément des sections à cause du manque de personnel. Il y a des bonnes tables qui fonctionnent très bien aussi.
Non, je n’irai jamais ouvrir un resto avec ou sans pandémie.
Je vais continuer à manger aux endroits où on ne m’obligera pas d’attendre 1 heure et demie pour avoir mon assiette principale.

S Laplante
S Laplante
1 mois
Répondre à  Nathalie

Soupir…
Pauvre dame, vous n’avez vraiment rien compris de l’article vous.
De plus, c’est un nouveau propriétaire depuis environ 1 mois, alors ne comparer pas avec l’ancien. Aussi, c’est très facile de commenter derrière votre écran vos
 »Solutions » pensez vous qu’il ne le fait pas déjà! Je crois qu’il a suffisamment d’expérience en restauration pour savoir ce qu’il fait. Finalement ! Ce n’est pas du pleurnichage au contraire, je le vois comme un fière restaurateur beauceron qui veut  »upgrader » l’expérience gastronomique, chez nous, ici. Soyons optimiste et laissons la chance aux jeunes employés, ce sera le top des restaurants pour les gens de notre région et de la grande ville.

La dessus, je vous invite à lire à nouveau l’article.

Nathalie
Nathalie
1 mois
Répondre à  S Laplante

Il a de l’expérience en restauration avec un mois d’ouverture? C’est le nom de resto qui est nouveau depuis un mois…

Manon
Manon
1 mois
Répondre à  Nathalie

Nathalie, l’article est datée du 28 juillet et il est écrit qu’il est en opération depuis un mois. Y a sûrement quelque chose que j’ai raté. Pourquoi avait-il cette réputation avant la pandémie s’il n’était pas ouvert?

Nathalie
Nathalie
1 mois
Répondre à  Manon

ce restaurateur fonctionnait avec un autre nom. Ce n’est pas son 1re resto

Emilie
Emilie
1 mois

Nathalie, juste comme ça pour le plaisir, pourquoi vous ne lui demanderiez pas d’aller passer une soirée comme collègue d’un soir à son resto pour avoir un aperçu de comment se déroule ce service à la clientèle !!!!! Tellement d’aléa, ça vous donnerait une bonne idée de ce qu’est le travail en restauration, j’y ai travaillé 46 ans et jamais une journée n’est pareille. Une expérience à vivre et après, on ne voit plus jamais du même œil de plus, je suis quasi certaine que ce restaurateur aimerait relevé le défit…

Serge Trudeau
Serge Trudeau
1 mois

Pour régler le problème des réservations non respectées par les clients , vous facturer 25$ par réservation sur la carte de crédit du client, 25$ que vous soustrayez de la facture du repas du client si il se présente