Olymel Vallée-Jonction: toujours l’impasse

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Par Eric Gourde
Olymel Vallée-Jonction: toujours l’impasse
Des employés d'Olymel Vallée-Jonction se sont rendus à Princeville jeudi dernier manifester. (Photo : Photo Carol Isabel - Icimédias)

GRÈVE. Les dernières séances de négociation devant le conciliateur dans le conflit opposant les employés d’Olymel Vallée-Jonction et la partie patronale n’ont toujours pas permis de faire des progrès et offrent peu d’espoirs de mettre fin, à court terme, à la grève des employés qui est en cours depuis le 28 avril dernier, eux qui sont sans convention collective depuis le 1er avril dernier.

Si une manifestation tenue la semaine dernière à Québec a permis de forcer l’employeur à revenir à la table des négociations, cette présence n’était qu’une façade, dénonce le président du syndicat des travailleurs de l’usine, Martin Maurice. « Oui, ils se sont présentés à la table, mais ils nous ont fait poireauter pendant des heures. Ils nous ont demandé d’être présents à 9 h mardi matin et ils ne se sont présentés qu’à 10 h 30. Ils nous ont finalement dit à 4 h mercredi matin que nous étions trop loin l’un de l’autre et de se préparer pour le 19 juillet. »

M. Maurice démontre des signes d’impatience lorsqu’invité à commenter le déroulement des échanges. « Nous avons fait deux dépôts au cours des deux dernières séances et eux, rien depuis le 1er juillet. Syndicalement, je n’ai rien à me reprocher. J’ai négocié de bonne foi, je suis disponible 24 heures sur 24, mais j’ai un employeur qui fait semblant de négocier. Nous sommes trop loin, mais trop loin de quoi ? Ils ne déposent rien. Ils ne veulent que montrer qu’ils s’assoient, mais on ne sait pas ce qu’ils cherchent. »

Des demandes déraisonnables

1er vice-président d’Olymel, Paul Beauchamp, estime de son côté que les exigences des travailleurs sont toujours hors-normes et que si les discussions avancent peu, le problème se situe des deux côtés de la table. « Le syndicat ne travaille pas fort non plus. Quand on négocie, il faut que ce soit actif des deux côtés. On connait le contexte, quand les employés ont déclenché la grève, ils gagnaient déjà 18 % de plus que nos compétiteurs canadiens. Des demandes de 35 % la première année et de 51 % pour la durée de la convention. Ce sont des sommes qui ne sont pas acceptables pour l’entreprise. Ils demandent trop et ce n’est pas l’effet du temps qui va rendre leurs demandes raisonnables. »

Sur les concessions faites par les employés il y a quelques années, M. Beauchamp réitère que l’entreprise se doit de demeurer compétitive. « À l’époque, les employés gagnaient 27 % de plus que la compétition et aujourd’hui 18 %. Il y a encore possibilité d’améliorer leur situation, mais il faut garder un brin de réalisme. On connait les réalités de la main d’œuvre, mais on se doit de rester à l’intérieur de certains cadres et trouver un point d’équilibre pour rendre les emplois attractifs. »

Martin Maurice espère maintenant voir les producteurs de porcs monter le ton devant la quantité de porcs qui commence à s’accumuler en raison du conflit. « Ils ont commencé à se prononcer, tant mieux. On sait qu’il y a beaucoup de porcs en attente et que ça devient une problématique. Les porcs deviennent de plus en plus gros et c’est appelé à s’accentuer. »

Incidemment, une centaine d’employés de l’usine de Vallée-Jonction se sont rendus à Princeville jeudi matin manifester et perturber les opérations à cet endroit. « On souhaite le moins de perturbations possibles. Le droit de grève est légitime, mais ce n’est toutefois pas en ajoutant à la situation des surplus de porcs en attente que ça fera avancer les choses. Pour régler, il faudra un peu de volonté et des demandes qui se situeront dans des barèmes qui permettront à l’usine de demeurer compétitives», indique M. Beauchamp.

Si plusieurs séances de conciliation ont eu lieu depuis le début du conflit, les prochaines ne sont prévues que le 19 juillet prochain. Martin Maurice prévient qu’il sera moins tolérant. « On ne négociera pas tout seul. Si l’employeur n’est pas à la table le 19, nous n’y serons pas non-plus. Le conciliateur devra faire son travail et forcer l’employeur à négocier. »

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