Une nouvelle génération protège les maisons ancestrales

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Par Frederic Desjardins
Une nouvelle génération protège les maisons ancestrales
Steve Breton est un amoureux du patrimoine et du travail manuel. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Frédéric Desjardins)

La Beauce regorge de lieux patrimoniaux dans ses villes et villages, dont des maisons ancestrales. Pour différentes raisons, il est souvent difficile de conserver le cachet d’origine de ces résidences. Des gens courageux et amoureux de notre histoire, relèvent ce défi.

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C’est le cas de Steve Breton, enseignant en histoire à la polyvalente Saint-François de Beauceville. Avec sa conjointe Marie-Claude Rioux, il a acheté la maison d’Olivier Morissette à Saint-Georges. Ayant vécu de 1868 à 1950, celui-ci a construit des bâtiments pour Édouard Lacroix, un important d’hommes d’affaires et ancien député.

« Nous l’avons achetée en 2007, quand ma blonde était enceinte de notre deuxième enfant. La maison date de 1920. Elle se trouvait dans le secteur de la Station, près de l’ancienne gare (91e Rue). Joffre Grondin, ex-enseignant et journaliste, l’a déménagée en 1976 à son emplacement actuel (40e Avenue) », explique Steve Breton.

Au moment de l’achat, Steve et Marie-Claude avaient déjà payé pour la construction d’un jumelé. Ce plan était temporaire, car le couple souhaitait emménager dans une maison ancestrale à court terme.

« C’est une affaire de famille. Ma sœur a racheté la maison de notre grand-mère à Rivière-du-Loup. Mon frère possède une maison ancestrale à Lévis. Je possède la maison la plus récente », dit Marie-Claude.

Olivier Morissette a construit la maison en 1920.

Du « nouveau vieux »

Habile au travail manuel, Steve Breton a consacré de nombreuses heures à rénover le domicile. Sa conjointe et ses enfants ont été impliqués dans le processus. Sans être une copie conforme de l’original, on constate immédiatement l’âge de la maison en voyant le revêtement extérieur.

« On a remplacé le déclin de bois par du bardeau de cèdre. Au lieu d’être blanche et verte, la maison est rouge et grise. On a changé le toit, mais il est resté en tôle. La galerie est la même. On le voit avec les barreaux et planches », mentionne -Steve -Breton.

Une rallonge a été ajoutée en 2011. « La maison originale possédait une cuisine d’été, mais elle n’a pas été déménagée. Nous l’avons refait à l’ancienne », indique M. Breton.

Il est allé jusqu’à construire un garage et un poulailler aux couleurs de la maison. Au premier regard, on croirait que ces deux éléments ont une histoire de plusieurs décennies.

« Le réseautage est essentiel pour essayer de trouver de vieux matériaux ou obtenir des trucs pour les travaux. Sur Facebook, il y a des groupes sur les maisons ancestrales. On s’échange des conseils », dit Steve Breton.

Musée intérieur

Steve Breton transmet sa passion du patrimoine à ses enfants.

La conservation du cachet patrimonial ne se limite pas à l’extérieur. En entrant dans la maison de Steve et Marie-Claude, nous retournons instantanément à une autre époque.

Au-delà des murs, planchers, portes et fenêtres, la demeure regorge de meubles et objets anciens. Le plus vieux meuble, une commode à chapeaux, a été fabriqué au 19e siècle.

« J’adore collectionner des antiquités et savoir leur histoire. C’est la même chose pour les anciens propriétaires de la maison. J’ai monté la généalogie de la famille Morissette en fouillant les archives de la Société historique Sartigan. Chaque année, des gens ayant connu cette maison viennent nous rendre visite », affirme Steve Breton.

Soucieux de la préservation du patrimoine, lui et sa famille savent toutefois que ce mode de vie n’est pas pour tout le monde. « Il faut être manuel et débrouillard. Une maison ancestrale réserve toujours des surprises. Ça prend du temps et de l’argent », conclut ce dernier.

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