Exceldor et Olymel: l’abattage doit reprendre, insiste l’UPA

Eric Gourde  redaction@lavoixdusud.com

Exceldor et Olymel: l’abattage doit reprendre, insiste l’UPA
Les syndicats d'employés des deux entreprises maintiennent la ligue dure depuis le début de leur conflit respectif. (Photo : Éric Gourde)

AGROALIMENTAIRE. L’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’instar des filières avicole et porcine, demande à Exceldor, à Olymel et à leurs employés d’accélérer la négociation et de tout mettre en œuvre pour assurer un minimum d’abattage le plus rapidement possible.

L’UPA lançait ce message accompagnée de ses associations partenaires que sont les Éleveurs de volailles du Québec et les Éleveurs de porcs du Québec jeudi, souhaitant ainsi éviter l’euthanasie d’animaux et le gaspillage alimentaire d’ici la fin des deux conflits. Elle a aussi ajouté ne pas prendre position pour un parti ou un autre dans cette négociation.

« La situation actuelle génère beaucoup d’inquiétude chez les producteurs car les porcs risquent de s’accumuler. Elle entraîne aussi l’euthanasie de centaines de milliers de poulets et de poules pondeuses. On ne peut se permettre que ces conflits de travail perdurent », a insisté le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Rappelons que les quelque 550 employés de l’usine de transformation de poulets Exceldor, à Saint-Anselme, sont en grève générale depuis le 23 mai. Les 1 150 travailleurs de l’usine d’abattage et de transformation de porcs d’Olymel à Vallée-Jonction le sont depuis le 28 avril.

Le président de l’UPA en Chaudière-Appalaches, James Allen, remarque lui aussi qu’une inquiétude s’installe chez les producteurs de la région. « Depuis une dizaine de jours, je reçois beaucoup d’appels de producteurs qui se demandent s’ils peuvent faire quelquechose. La seule réponse que je leur donne est de parler à leurs administrateurs. Exceldor est une coopérative, ce qui n’est pas tout à fait le cas d’Olymel qui est une société en commandite, propriété de certaines coopératives. »

M. Allen convient que la situation actuelle pourrait fragiliser le modèle des abattoirs dans la province. « Les partenariats que nous avons font qu’à mesure qu’on joue dans la rentabilité de nos abattoirs, on les fragilise. Il n’y a pas une tonne d’abattoirs au Québec, surtout dans le poulet et nous avons beaucoup d’élevages dans le coin, à titre d’exemple. Le fait qu’on ait une gestion de l’offre garantit un approvisionnement à nos abattoirs. Est-ce que les abattoirs ailleurs au Canada peuvent éventuellement approvisionner le Québec ? La question se pose. »

Au beau fixe

« Les négociations sont au point mort chez Exceldor, malgré la nomination la semaine dernière d’une médiatrice. Toute la filière ressent les effets de cette grève, incluant le secteur de la restauration. C’est pourquoi les abattages doivent reprendre de façon à éviter que d’autres euthanasies de volailles à la ferme surviennent », a laissé entendre le président des Éleveurs de volaille du Québec, Pierre-Luc Leblanc.

« Les producteurs sont contraints de retenir dans leurs bâtiments un nombre plus élevé de porcs avec des poids qui, de jour en jour, deviennent de plus en plus importants. », a ajouté le directeur général des Éleveurs de porcs du Québec, Alexandre Cusson.

Or, le ton ne semble pas vouloir changer aux tables de négociation depuis quelques jours, malgré l’implication de médiateurs dans les deux dossiers. Pendant que dans le dossier d’Exceldor, les deux partis ne sont pas assis à la même table, Olymel s’en remet au processus de conciliation indiquant que la démarche se poursuit actuellement de manière intensive. Deux séances ont eu lieu cette semaine et cinq autres rencontres sont prévues d’ici le 23 juin.

Elle rappelle que dès le déclenchement de cette grève, l’entreprise a redirigé des porcs achetés en Ontario et au Québec vers d’autres abattoirs, notamment aux États-Unis et en Ontario, afin de libérer des places dans ses autres abattoirs de la province pour les porcs destinés à l’usine de Vallée-Jonction. Elle reconnait aussi que la grève à son usine de Vallée-Jonction exerce une pression à la hausse sur le nombre de porcs en attente qui atteint aujourd’hui le chiffre de 90 000.

Enfin, en dehors du fait qu’il s’agit d’une dynamique de relations de travail, Olymel estime qu’il n’y a aucun amalgame ou comparaison à faire entre le conflit en cours à l’usine d’Olymel à Vallée-Jonction et celui d’Exceldor à Saint-Anselme.

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