Grève générale illimitée chez Olymel à Vallée-Jonction

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Par Eric Gourde
Grève générale illimitée chez Olymel à Vallée-Jonction
Les employés d'Olymel à Vallée-Jonction sont en grève depuis mercredi matin. (Photo : Beauce Média - Éric Gourde)

INDUSTRIE. Insatisfaits de l’évolution des négociations de leur nouvelle convention collective, les employés syndiqués de l’usine d’Olymel à Vallée-Jonction ont déclenché une grève générale illimitée en milieu d’avant-midi ce mercredi matin.

Les activités d’abattage sont ainsi interrompues jusqu’à nouvel ordre, puisque quelques centaines d’employés ont quitté leur poste de travail à ce moment-là, prétextant le manque de volonté de la part de l’employeur dans les négociations de la nouvelle convention collective.

Le président du syndicat des travailleurs à Vallée-Jonction, Martin Maurice.

« Nous avons présenté une offre monétaire le 19 avril et nous avions demandé à ce qu’ils nous reviennent avec leur propre offre monétaire et leurs demandes sur le normatif, s’il y a lieu. On n’a aucun indicatif à savoir quand ils souhaitent déposer des choses, alors c’est assez », indique le président du syndicat, Martin Maurice.

« Nous avons su le week-end dernier que nous allions en conciliation. Nous devions avoir des rencontres cette semaine et aucune date n’est donnée. Il faut que ça avance. On veut connaitre ce que l’employeur propose pour le salaire et il faudra qu’il en mette. On espère une convention sur un minimum de trois ans. C’est l’assemblée générale qui décidera de la suite des choses. »

Martin Maurice estime que l’employeur doit en faire davantage sur l’aspect monétaire pour éviter les mouvements de personnel constants au sein de l’entreprise. « Plus de 1 700 travailleurs ont quitté pendant la dernière convention collective (6 ans). Ce n’est pas parce que nous n’avons pas de travailleurs, c’est parce qu’on n’est pas en mesure de les garder. Ça prend des conditions pour garder notre monde. »

Le syndicat avait prévenu l’employeur de ses intentions depuis un certain temps.

La convention collective des quelque 1 100 employés de l’usine est échue depuis le 30 mars dernier. « Nous avions un mandat de grève depuis le 28 février et attendions le moment opportun. Nous pensions que les négociations iraient mieux que ça. L’employeur a des demandes, mais nous aussi. »

La récente offre de la partie patronale d’offrir 50 $ aux employés qui reçoivent un vaccin contre la Covid-19 a aussi été reçue avec scepticisme chez certains. « D’autres entreprises proposent jusqu’à 100 $, alors c’est la preuve qu’ils n’ont pas grand-chose à donner. On veut aussi des choses reliées à la pandémie, pour démontrer un certain respect envers les travailleurs. Nous sommes censés être des travailleurs essentiels, alors que l’employeur le considère », dit-il en terminant.

L’employeur surpris

Porte-parole de l’entreprise, Richard Vigneault, avoue que la direction d’Olymel a été surprise du caractère soudain du déclenchement de la grève. « Nous avons eu des discussions depuis mars dernier et avons demandé une conciliation la semaine dernière. On veut déposer nos offres, mais dans le cadre de ce processus. »

L’entreprise est églement surprise de l’ampleur des demandes, particulièrement au niveau salarial. « On nous demande 35 % d’augmentation pour la 1ère année. C’est le calcul que l’on fait. Pour les trois ans et demi de la durée de la convention, ça représente 51 % et ce ne sont que les demandes salariales. Il est clair que nous sommes surpris. »

Il fait aussi valoir que l’entreprise jongle déjà avec tous les irritants reliés à la pandémie, en plus d’essayer de demeurer compétitive. « Il est important de savoir qu’en temps de pandémie, nous avons déjà d’autres enjeux et ce n’est pas avec de telles exigences que nous demeureront compétitifs. Maintenant, pour les gens qui nous livrent des porcs, nous allons devoir trouver des preneurs à d’autres entités qui sont disposés à les acheter. Ce sera difficile d’accélérer le processus pour régler le différend.  C’est le conciliateur qui fixe l’agenda. »

À ce chapitre, le président des Éleveurs de porcs du Québec, la principale crainte est que le conflit de travail vienne augmenter de nouveau le nombre de porcs en attente dans la filière. « Dans les dernières semaines, nous avons été en mesure de baisser considérablement ce nombre (17 759 porcs en date de vendredi dernier). Nous espérons éviter que nos éleveurs deviennent des victimes collatérales de cette situation ».

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