Les producteurs d’œufs se partageront 630 M$ du fédéral

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Par Frederic Desjardins
Les producteurs d’œufs se partageront 630 M$ du fédéral
Au Québec, les subventions doivent servir à la rénovation ou la construction de poulaillers pour une « ponte libre ». (Photo : L’Éclaireur Progrès – Archives)

Annoncé le 13 avril par le gouvernement fédéral, le Programme d’investissement à la ferme pour la volaille et les œufs est une réponse aux répercussions du Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) chez les agriculteurs avicoles.  

Étalée sur dix ans, l’aide financière totalise 630 M$ pour des investissements directement à la ferme. Les projets admissibles incluent la construction de nouvelles granges ou la modernisation d’équipements, comme les systèmes d’alimentation, d’abreuvement, d’éclairage, de ventilation, de chauffage et de confort.

« Pour le Québec, on parle d’une enveloppe de 27 M$. Notre association avait fourni une liste de ses membres au ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire », explique Paulin Bouchard, président de la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec (FPOQ).

Chaque producteur aura droit à un montant proportionnel à son quota au 1er janvier 2021. « Ce n’est donc pas une subvention où tous les montants appartiendront aux mêmes producteurs », rappelle M. Bouchard.

Les travaux doivent favoriser l’économie d’énergie et réduire l’empreinte environnementale. Le gouvernement versera une contribution allant jusqu’à 70 % du coût des projets et 85 % pour les jeunes agriculteurs (35 ans et moins).

« Ce dernier point est très important. La relève agricole, c’est qu’on a de plus précieux », dit Paulin Bouchard, copropriétaire de deux fermes avicoles à Saint-Gédéon avec son fils Charles-Éric.

Aucun argent perdu

Le programme fédéral prendra en compte les coûts admissibles rétroactivement au 19 mars 2019, soit la date de l’annonce des mesures d’appui aux industries sous gestion de l’offre.

Paulin et Charles-Éric Bouchard

« Dans ses prochaines ententes internationales, le gouvernement ne touchera plus aux secteurs sous gestion de l’offre. Tous les producteurs seront sur le même pied. Notre industrie se positionne pour répondre aux demandes de la population et maintiendra la compétitivité du secteur, dans un contexte de développement durable », affirme M. Bouchard.

Depuis 2016, la FPOQ exige aussi que ses membres élèvent leurs poules en liberté à la suite de rénovations ou à la reconstruction de poulaillers. « Certains membres préféraient attendre l’aide du fédéral avant de changer leurs installations (poules en cage) », avoue Paulin Bouchard.

Les producteurs approchant de la retraite, qui ne vendront pas leur ferme, devront retourner l’argent. « Il sera réinvesti autrement. Il y a encore des discussions à faire là-dessus avec le fédéral », dit M. Bouchard.

En vigueur depuis le 30 décembre 2018, le PTPGP forme un bloc commercial entre 11 pays, pour 13,5 % du PIB mondial, et représente 500 millions de consommateurs.

COVID-19

Initialement, la pandémie de COVID-19 avait causé une forte demande d’œufs. Par la suite, les producteurs ont réduit leur volume de production de 10 % et même au-delà.

« L’industrie se trouve encore dans des montagnes russes. On vend nos œufs à l’épicerie, mais on perd des revenus avec la fermeture des restaurants, écoles et tours à bureaux. Si on produit trop d’œufs, ils sont donnés à des organismes comme Moisson Beauce. Nous ne jetterons jamais de la nourriture », conclut Paulin Bouchard.

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