Pratiquer l’acériculture comme dans le temps

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Par Eric Gourde
Pratiquer l’acériculture comme dans le temps
Charles-Adrien Maheu, toujours passionné et actif à l'âge de 79 ans. (Photo : Beauce Média - Éric Gourde)

ACÉRICULTURE. L’arrivée du printemps rime avec le début de la saison des sucres pour plusieurs personnes et familles de la région. Si la majorité utilise la technologie pour optimiser leur investissement, d’autres ont encore recours aux méthodes traditionnelles pour la cueillette de l’eau d’érable.

La cueillette de l’eau d’érable se fait, en partie, selon les méthodes traditionnelles chez M. Maheu.

Aujourd’hui âgé de 79 ans, Charles-Adrien Maheu de Saint-Joseph a toujours eu recours à des animaux pour l’appuyer dans sa cueillette. Si le bœuf était son animal de prédilection dans le passé, c’est aujourd’hui avec un cheval qu’il sillonne une partie de sa propriété. Son érablière compte 1 700 entailles à la tubulure depuis deux ans maintenant, mais toujours environ 300 à la chaudière. Ce sont ces entailles qu’il récolte avec l’aide de son cheval pour transporter l’eau d’érable. «Les 300 qu’il reste, c’est un morceau de terrain que l’on a acheté plus tard. Il y a de beaux érables sur cette partie-là aussi », raconte-t-il, ajoutant que l’utilisation de bœufs aura tout de même duré plus de 60 ans.

Agriculteur de métier, M. Maheu était producteur de lait, mais a touché à bien d’autres aspects, dont l’acériculture et la foresterie dans sa vie. Le temps des sucres fait partie de sa routine depuis son jeune âge. « J’ai été élevé là-dedans. J’ai coulé du sirop à l’âge de 8 ans avec une panne de six pieds. Mon père a crié, car il avait peur que je la renverse, mais j’ai finalement réussi », raconte celui dont le vécu ne fait aucun doute et la mémoire aucunement défaut.

Charles-Adrien Maheu et son fils Stéphane font toujours équipe dans les opérations de l’érablière.

D’une gentillesse exemplaire, M. Maheu a plusieurs anecdotes en tête lorsqu’il parle de son passé d’acériculteur avec ses animaux et de ses printemps à sa cabane. Il raconte avoir conservé plusieurs souvenirs et antiquités de son passé d’acériculteur, allant de moules à sucre au chaudron, en passant par quelques pannes et quelques barils de métal.

Charles-Adrien Maheu peut heureusement compter sur l’aide de ses fils Jean-François et Stéphane pour continuer d’opérer son érablière à son âge, surtout qu’il a connu quelques problèmes de santé au cours de la dernière année. Son fils Stéphane était d’ailleurs sur place lors de notre passage. « Si j’étais tout seul, c’est certain que j’aurais déjà vendu ça. J’ai encore du plaisir à le faire, mais c’est plus dur cette année, surtout qu’avec la Covid, j’ai une opération qui a dû être retardée », résume M. Maheu.

Les façons traditionnelles de produire du sirop d’érable sont en voie de disparition, possiblement en raison des normes qui sont devenues particulièrement exigeantes au cours des dernières années, remarque son fils Stéphane. La production traditionnelle donne tout de même des résultats qui valent la peine selon lui. « L’an dernier, nous avons atteint 4 livres à l’entaille pour notre section avec tubulure, et environ 2 livres et demie à la Chaudière. On verra pour cette année. »

Le père et le fils ont donc débuté leur saison acéricole, espérant obtenir de bons résultats, mais tout en ayant en tête le plaisir autant que le travail exigé par une érablière. « On ne les force pas. On ne pompe pas la nuit. Un peu de pluie serait la bienvenue pour permettre aux érables de prendre leur envol plus facilement, chose qui ne se produira peut-être pas avant vendredi, selon les prévisions », espèrent-ils le plus simplement du monde.

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