La prohibition du fitness

La prohibition du fitness
Aucune solution n’a été jugée envisageable depuis octobre dernier. (Photo : libre de droits)

OPINION. Impatient de pouvoir rouvrir son centre d’entraînement, Arsène Lagrange, président de Gym Élite Coach de Sainte-Marie, souhaite partager un coup de gueule émis par Gabriel Hardy, président du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique, à l’attention du gouvernement du Québec. La lettre va comme suit:

Récemment, le premier ministre clarifiait sa position selon laquelle il était prêt à relancer le sport et l’activité physique, mais que la santé publique s’y opposait. Sur quelles bases scientifiques ne permet-on pas aux jeunes de pratiquer leurs sports ou aux adultes de prendre soin de leur santé dans un centre de conditionnement physique?

En regroupant les différents sports et les studios de santé, les cas de transmission sont très faibles, quasi inexistants. La santé publique a même confirmé ce fait lors de la rencontre avec Sports Québec qui a eu lieu le vendredi 12 février. Une étude récente de la National Academy of Science aux États-Unis a même conclu qu’il y aurait un lien entre l’indice de masse corporelle (IMC) et l’âge dans les événements de contagion de masse, c’est-à-dire que plus l’IMC est élevé et que la personne est âgée, plus la contagion augmente lorsqu’infectée à la Covid-19. Cette étude pourrait être une piste qui expliquerait pourquoi les studios de santé et le sport chez les jeunes n’ont jamais été des milieux propices à la contagion. En y ajoutant les protocoles sanitaires, ils peuvent même être considérés comme des milieux très sécuritaires.

Mais, malgré ces études, malgré les médecins du sport et les psychologues qui sonnent l’alarme, les pédiatres qui s’inquiètent publiquement, les directeurs /directrices de santé publique de certaines régions qui suggèrent la réouverture du sport et l’OMS qui parle d’une pandémie de sédentarité tuant 5 millions de personnes par année, nous vivons une réelle prohibition du sport organisé, de la santé par la prévention.

Encore une fois, les associations, fédérations et organismes sportifs doivent fournir de nouveaux protocoles pour espérer pouvoir rouvrir. Mais pourquoi? Les anciens semblaient très bien fonctionner puisque les données le démontrent? On indique que la crainte réside dans les rassemblements potentiels de parents dans les estrades ou de pratiquants de sport dans les vestiaires ou dans le stationnement. Pourtant, ces mêmes personnes se retrouvent à magasiner par millier partout au Québec sans problème, semble-t-il? Les toilettes, stationnements et aires communes ne sont pas un problème dans certains secteurs, mais une peur énorme dans d’autres. Aucune solution n’a été jugée envisageable depuis octobre dernier pour encadrer et permettre à nos milliers de jeunes, sportifs, adultes soucieux de leur santé, de reprendre leur pratique sportive et ainsi encourager les saines habitudes de vie qui sont un investissement démontré pour la santé physique et mentale. Plus de 4 mois d’inactivité par peur de parent dans les estrades? Par peur de contagion dans des lieux ayant démontré des résultats sécuritaires? Les bienfaits supplantent largement la menace au final!

En 2019, le gouvernement faisait la promotion de l’activité physique en entreprise par le biais de son programme PAFEMAP, offrant une subvention jusqu’à 40 000 $ aux entreprises désireuses d’implanter des incitatifs à la pratique régulière d’activité physique. Les études, décisions et objectifs de ce programme étaient à l’époque alignés avec le bien-être et la santé de la population. Pourquoi en temps de pandémie, les mêmes arguments et bienfaits de l’activité physique ne sont-ils pas mis de l’avant? Pourquoi ne pas trouver rapidement un moyen de les ramener dans les solutions déjà démontrées comme efficaces sur la santé? La santé par la prévention et les saines habitudes de vie semblent donc plus un apparat quand tout vas bien qu’une valeur réelle quand une crise menace la santé de la population et que promouvoir serait tellement utile et bénéfique.

Il semble y avoir une dissension à même les décideurs et la santé publique sur les enjeux de santé liés à la pratique du sport et les risques y étant associés. Est-ce que notre directeur de santé publique pourrait, à tout le moins, démontrer sur quelles bases scientifiques il s’appuie pour établir de telles recommandations? Les données nord-américaines liées à l’industrie du conditionnement physique, notamment, semblent toutes indiquer le faible taux de propagation dans ce type d’établissement. Plus récemment, l’état de New York a conduit une étude épidémiologique sur 20 millions de tests, soit plus de tests que le nombre d’habitants de l’état. Les studios de santé y ont été démontrés comme les milieux les moins propices à la propagation de la Covid-19 avec aussi peu que 0,06 % des cas. Il en est de même au Canada, où les taux sont similaires.

Il est temps de reconnaitre que les milieux sportifs sont des lieux à faible risque, que le sport et l’activité physique font partie de la solution et que les bienfaits que ces milieux amènent supplantent largement les risques lorsqu’ils sont encadrés correctement, comme nous l’avons démontré par le passé. Dans le cas contraire, nous demandons à la santé publique de nous fournir les chiffres sur lesquelles elle se base pour justifier ses mesures draconiennes envers l’accès à la santé physique et mentale qu’offrent de saines habitudes de vie, ou encore qu’elle clarifie en quoi les mesures établies et efficaces ne respectent plus aujourd’hui les besoins et attentes. Laissez-nous vous aider!

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