Des relais de motoneige en colère contre la Santé publique

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Par Frederic Desjardins
Des relais de motoneige en colère contre la Santé publique
Selon Éric Duval, président du Club de motoneige Beauceville, l'organisme a dépensé beaucoup d’argent pour ajuster son relais aux mesures sanitaires liées à la COVID-19. (Photo : L’Éclaireur Progrès – Frédéric Desjardins)

Au moment où la saison de motoneige bat son plein, la Santé publique a resserré les consignes sanitaires pour les relais le 8 février. Ce changement de cap frustre des clubs de la région.

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À l’intérieur des zones rouges, comme en Chaudière-Appalaches, les motoneigistes doivent maintenant entrer dans les relais seulement pour se réchauffer et accéder aux toilettes. Le masque est obligatoire, ainsi que la distanciation physique (deux mètres) et la désinfection des mains.

« Au début de la saison, les gens avaient aussi le droit d’apporter leur lunch et manger dans le relais. On avait également un service de restauration pour emporter ou manger sur place. Les gens commandaient à l’extérieur et entraient dans le relais par une porte différente. Ils étaient en bulle familiale et ne pouvaient pas rester plus de 30 minutes », explique Éric Duval, président du Club de motoneige Beauceville.

En l’absence de clients, le relais du Club motoneige Beauceville ne peut pas faire ses frais. 

Afin d’accueillir les motoneigistes, le club a dépensé beaucoup d’argent pour ajuster son relais aux mesures sanitaires liées à la COVID-19.

« On a eu la visite d’un inspecteur (de la Santé publique). Nous avons ajouté des pancartes dehors pour interdire la consommation d’alcool sur le terrain. La police nous a conseillé de le faire pour éviter une contravention », mentionne M. Duval.

Caroline Larochelle, gérante du Resto-Bar Club Motoneige et Vtt de Saint-Bernard, vit une situation semblable. Ouvert à l’année, ce commerce prépare des commandes à emporter pour les visiteurs réguliers. Cet hiver, des éléments ont été ajoutés dans l’établissement pour les motoneigistes.

« Nous avons notamment mis un mur séparateur et embauché deux agents de sécurité. La Santé publique nous a donné un droit avant de l’enlever, même si la situation (COVID-19) n’a pas changé. J’ai appelé pour demander des précisions. La Santé publique ne savait pas quoi me répondre. C’était confus », affirme-t-elle.

Concurrence déloyale

Éric Duval dénonce également ce qu’il considère de la concurrence déloyale. Dans les dernières semaines, des restaurants standards se sont « transformés » en relais.

« Ça prend un numéro de la FCMQ (Fédération des clubs de motoneige du Québec) pour être reconnu comme relais. J’en ai parlé à la Santé publique. Ça a l’air qu’ils ne connaissaient pas cette règle. Plein de restaurants ont obtenu une permission de la Santé publique », dénonce M. Duval.

Le Resto-Bar Club Motoneige et Vtt de Saint-Bernard est ouvert à l’année.

Contactée par le journal, la Santé publique nous a référé simplement au communiqué de presse du 5 février édictant la mise à jour des règles sanitaires.

« Si un relais ou un restaurant a une question au sujet de sa situation spécifique, il doit se tourner vers sa direction régionale de santé publique », écrit Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole au Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Éric Duval a parlé de son problème au député de Beauce-Nord, Luc Provençal. « J’espère qu’il pourra faire bouger les choses. Dans six semaines, la saison sera finie », rappelle-t-il.

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