Pénurie de main-d’œuvre et Covid-19: entreprises en péril

Pénurie de main-d’œuvre et Covid-19: entreprises en péril
Le Groupe RBR de Saints-Anges n'a accueilli que cinq travailleurs étrangers plutôt que les 14 espérés, en raison des délais causés par la pandémie. (Photo : Facebook)

AFFAIRES. La Chambre de commerce et d’industrie Nouvelle-Beauce (CCINB) s’inquiète pour le sort de plusieurs entreprises, à la suite des différentes mesures gouvernementales prises depuis le début de la pandémie.

La Chambre craint de voir certaines d’entre elles dans l’obligation de fermer définitivement leurs portes au cours des prochains mois en raison des pertes trop importantes qu’elles auront subies, ou bien en raison de la pénurie de main-d’œuvre; pénurie fortement accentuée au cours des derniers mois pour certains secteurs d’activités. C’est la raison pour laquelle elle a fait parvenir une lettre décrivant la situation afin de sensibiliser les élus à la situation.

Les différents milieux de travail ont fait d’importants efforts pour adapter leurs environnements et les rendre sécuritaires et conformes aux nouvelles exigences. De plus, si la pénurie de main-d’œuvre était un problème bien installé avant l’arrivée de la Covid-19, la pandémie a rendu le processus d’accueil des travailleurs immigrants plus complexe à réaliser pour les employeurs. Pendant ce temps, les restaurateurs, gyms et entreprises connexes vivant une seconde fermeture obligatoire craignent de perdre une grande partie de leur équipe de travail, qui ne sera probablement plus disponible lorsqu’ils pourront ouvrir de nouveau leurs installations.

Témoignages

« Nous devions recevoir 14 travailleurs étrangers pour travailler dans nos usines. Nous en avons accueilli seulement cinq à cause des délais. En plus d’avoir des problèmes de recrutement depuis quelques années, nous avons dû cette année perdre des heures travaillées de nos employés à cause des isolements nécessaires pour éviter la contagion et nous avons, à certaines périodes plus critiques, évité le croisement des quarts de travail. Donc, pas d’heures supplémentaires possibles. […] Nous croyons que nos gouvernements doivent valoriser les travailleurs manuels. Nos techniciens, ils sont essentiels dans plusieurs secteurs d’activités », a affirmé Kathy Poulin, chef d’entreprise pour le Groupe RBR à Saints-Anges.

« Au printemps dernier, lors du premier confinement, nous avons investi plusieurs milliers de dollars pour nous conformer aux exigences du gouvernement, afin de faire une réouverture sécuritaire sur toute la ligne. Nous avons également procédé à la réembauche de notre personnel. À notre grande surprise, 20 % de nos employés n’ont pas voulu se faire réembaucher. […] Que nous réserve l’avenir? En quoi sommes-nous non sécuritaires comparativement à d’autres commerces qui reçoivent des centaines de clients à la fois dans leurs établissements? Il y a des solutions: faciliter l’immigration pour les vrais travailleurs, favoriser les heures supplémentaires et créer des incitatifs pour les étudiants qui veulent travailler », a commenté Nicola Buffolino du restaurant Giovannina Pizzeria de Sainte-Marie.

« Depuis le début de l’été que nous recherchons des commis d’entrepôt et chauffeurs. Nous n’avons reçu aucun CV. Plusieurs travailleurs sous-estiment la beauté de notre région et les avantages d’y travailler. […] Le gouvernement devrait raccourcir les procédures pour les dossiers d’immigration. Les travailleurs étrangers devraient être automatiquement placés dans les régions où il y a plus de besoins de main-d’œuvre.

Il faut catégoriser les secteurs d’activités et prendre des décisions en conséquence », ont lancé Guy Cliche et Annie Bilodeau de la Quincaillerie Émile Bilodeau et fils de Saint-Bernard.

« Nous approchons de la période des Fêtes. Un des moments les plus importants de l’année pour de nombreux commerçants. Les impacts supplémentaires de l’annonce sur les entreprises en zone rouge sont majeurs, tant sur le plan économique que sur la santé mentale des entrepreneurs. C’est un nouveau coup dur qui met à l’épreuve leur résilience. Aucun effort ne doit être ménagé pour leur venir en aide », de conclure Chantal Gravel, présidente de la CCINB.

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