Des productions et ventes porcines en montagnes russes

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Par Frederic Desjardins
Des productions et ventes porcines en montagnes russes
À cause de la pandémie, les ventes locales de porc ont augmenté dans les épiceries et boucheries. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Archives)

L’industrie porcine québécoise est habituée aux soubresauts de l’économie. Les années 2019 et 2020 auront été particulièrement mouvementées. Autant les transformateurs que les producteurs ont fait face à d’importants défis.

L’année 2019 avait bien commencé pour ces derniers. En raison d’une éclosion de la peste porcine africaine (PPA), la Chine avait augmenté ses exportations de porc de 83 % auprès du Canada. Par la bande, le prix du porc a subi une hausse de 21,8 %.

En juin de la même année, les Chinois ont imposé un embargo sur le porc canadien. Ce blocus a été levé en novembre, les pertes financières se chiffrant à 120 M$ pour l’industrie porcine québécoise.

« Ce sont surtout les transformateurs qui ont enregistré des pertes. Les abattoirs ne pouvaient pas écouler tous leurs produits. Il faut se rappeler que 70 % du porc produit au Québec est destiné à l’exportation. La Chine était un très gros client », souligne René Roy, président des Éleveurs de porcs de la Beauce.

La Chine avait proscrit le porc canadien après la découverte de ractopamine, un médicament banni, dans une cargaison de langues de porc surgelées. Il a été prouvé que le pays exerçait plutôt des pressions politiques sur le Canada, en raison de l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de la société technologique Huawei.

« C’est un conflit politique où on s’est senti pris en otage. Comme la Chine a été durement frappée par la peste porcine africaine dans leurs élevages, ils n’avaient pas le choix de rouvrir leurs frontières », avait affirmé René Roy, lors d’une entrevue précédente.

Un virus imprévisible

Quelques mois du tard, la pandémie de la COVID-19 a bouleversé l’économie mondiale. Toujours en cours, elle a eu des répercussions positives et négatives sur l’industrie porcine.

René Roy, président des Éleveurs de porcs de la Beauce.

« Au printemps, les épiceries se sont vidées. Les consommateurs faisaient des réserves, y compris pour la viande. On a vu une flambée des prix pour l’achat des différentes parties du porc, qui s’est poursuivi en été et cet automne », confirme René Roy.

Cet intérêt marqué pour l’achat local a compensé les pertes liées à la fermeture des HRI (Hôtels-Restaurants-Institutions).

« Le prix du bacon s’est effondré pendant quelques semaines. C’était la viande la plus populaire dans les HRI. Les ventes vont mieux, car les restaurants ont le droit de faire des commandes », explique M. Roy.

En raison d’éclosions de la COVID-19, certaines usines de transformation ont dû cesser temporairement leurs opérations. Les éleveurs se sont adaptés en conséquence.

« Il a fallu revoir l’alimentation des porcs, afin qu’ils grossissent plus lentement. On ne devait pas créer des surplus de porcs qu’on ne pourrait pas abattre. La nourriture fraîche n’est pas un déchet », dit M. Roy.

En août dernier, les Éleveurs de porcs du Québec ont également fait pression sur le gouvernement fédéral, dans le dossier du Port de Montréal. Une grève de 12 jours a empêché les exportations de tout produit, y compris le porc.

« Aux États-Unis, les éleveurs de porcs ont reçu des aides financières pendant le blocus chinois et la COVID-19. Le fédéral doit aussi nous compenser financièrement », conclut René Roy.

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