« La situation en Chaudière-Appalaches est critique » – Dre Liliana Romero

Jean-Hugo Savard - Courrier Frontenac
« La situation en Chaudière-Appalaches est critique » – Dre Liliana Romero
Dre Romero croit que c'est maintenant ou jamais qu'il faut limiter la propagation du virus. (Photo : Beauce Média - Hubert Lapointe)

La Directrice de santé publique de Chaudière-Appalaches, Dre Liliana Romero, estime que la hausse des cas de COVID-19 observée depuis les dernières semaines nécessitait que le niveau d’alerte passe de modéré (zone orange) à maximal (zone rouge). Elle en a d’ailleurs fait la recommandation à la direction nationale.

« Nous voyons que le taux d’incidence de la maladie augmente chaque jour et partout. C’est sûr qu’il y a des régions plus chaudes comme la MRC des Appalaches et Lévis, mais malgré cela, l’impact dans notre système de santé, le nombre de décès ainsi que notre capacité de réponse et de contrôler les problèmes sont les mêmes partout en Chaudière-Appalaches », a-t-elle mentionné au Courrier Frontenac.

Dre Romero a indiqué que plusieurs facteurs sont pris en considération avant d’en arriver à recommander de placer une région entière en zone rouge. « Nous nous basons sur différents critères, dont la tendance épidémiologique, le taux de cas positifs et le nombre d’éclosions. Présentement, nous en avons beaucoup en Chaudière-Appalaches. Nous en observons environ dix dans des milieux de vie et de soins, huit dans des écoles et plusieurs endroits sont sous surveillance. »

Elle a souligné que la capacité d’accueil dans les hôpitaux et de la santé publique à bien maîtriser la situation fait également partie de l’équation. « Ce sont des critères très complets et c’est à partir de cela que nous faisons la recommandation à la direction nationale. Celle-ci a fait la même analyse que nous. Le tout se fait aussi en collaboration avec les ministres qui prennent la décision. Je vous dirais qu’ils avaient le même point de vue de la situation que nous. »

Questionnée à savoir pourquoi le changement de niveau d’alerte n’a pas été effectué par MRC, plutôt que sur l’ensemble du territoire, la directrice régionale de santé publique a répondu que « dans l’état actuel de la situation, je vous dirais que ça ne sera pas une recommandation. Nous savons qu’il y a des personnes qui demeurent dans la MRC des Appalaches et qui travaillent dans la Beauce et que des gens de la Beauce doivent se déplacer à Lévis. C’est vraiment difficile de faire des divisions sous régionales et par territoire. »

Hôpitaux

De plus, selon Dre Romero, le taux d’occupation dans les hôpitaux de la région est à sa limite. « L’Hôtel-Dieu de Lévis est le centre hospitalier désigné pour tout l’est de la province au niveau des soins intensifs. Si quelqu’un de la Gaspésie est malade et nécessite des soins spécifiques, il est transféré à cet endroit. Cela surcharge bien sûr notre capacité et nous voulons que tout le monde ait accès aux soins de santé. C’est maintenant ou jamais qu’il faut limiter la propagation du virus », a-t-elle martelé.

À son avis, la période de 28 jours imposée par le gouvernement aidera, mais elle ignore pour le moment si cela sera suffisant. « Les grands enjeux que nous avons entourent les rassemblements. Il faudra au minimum 14 jours pour observer la tendance épidémiologique et voir s’il y a des améliorations. Avant cette période, nous ne pouvons pas savoir. »

Fermeture d’établissements

Le changement de niveau d’alerte oblige notamment la fermeture temporaire des bars et des salles à manger des restaurants. Dre Romero a affirmé que ces endroits font partie des chaînes de transmission de la maladie. « Ce n’est pas parce que les propriétaires ne prennent pas les mesures adéquates. Je pense que la plupart d’entre eux et les employés qui assurent le service à la clientèle font bien les choses. C’est surtout au niveau de la population qui ne respecte pas les mesures. Il y a des personnes malades et ce sont des milieux où la distanciation physique n’est pas facile. »

Quant aux salles de spectacles et les cinémas, la directrice de santé publique a démontré une certaine ouverture. « Nous pouvons peut-être réfléchir à ce qu’il y ait 250 personnes dans une salle, mais si nous fermons les restaurants, est-ce que ce serait équitable? Je ne pense pas. Je crois que dans la période actuelle, il est nécessaire de faire cela. Après, nous pourrons réfléchir et adapter les mesures surtout dans des milieux plus contrôlés comme les salles de spectacles et les cinémas », a-t-elle conclu.

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